Ebola en RDC : le suivi des contacts parmi les progrès majeurs de la riposte

Kinshasa, 16 septembre 2026 (ACP).- Des progrès significatifs ont été enregistrés dans la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), notamment le suivi des contacts, a indiqué le Pr Jean-Jacques Muyembe, au cours d’un briefing de presse tenu mercredi à Kinshasa.

« En Ituri, j’ai visité plusieurs structures impliquées dans la riposte, dont le centre de traitement de Rwampara. Il y a une amélioration de plusieurs indicateurs, notamment le suivi des contacts, le diagnostic biologique et la prise en charge des cas», a déclaré le Professeur Muyembe, coordonnateur de la riposte.

Selon les données présentées, la proportion des contacts effectivement suivis pendant les 21 jours requis est passée de moins de 40% à plus de 80%. « En principe, il faut arriver jusqu’à 85 à 100%, mais déjà, on est parti de 40% à 80% », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité de poursuivre les efforts afin de documenter l’ensemble des chaînes de transmission.

 Expansion du dispositif de diagnostic

Selon le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), le dispositif de diagnostic biologique a également connu une importante expansion. Le nombre de laboratoires opérationnels est passé de deux (Kinshasa et Bunia) à 24, répartis dans différentes zones d’intervention. Cette évolution permet désormais d’effectuer des analyses PCR à proximité des zones touchées, réduisant ainsi les délais d’obtention des résultats. Le Pr Muyembe a toutefois appelé à la prudence, estimant que ces avancées ne doivent pas conduire à relâcher la vigilance. Il a insisté sur l’importance d’une analyse détaillée des données, non seulement au niveau national, mais aussi par province, zone de santé et aire de santé, afin de mieux identifier les foyers de transmission et d’adapter les interventions. La riposte bénéficie d’une coordination renforcée entre les autorités sanitaires et les partenaires, notamment l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et Africa CDC, autour de l’Incident Manager désigné par le ministre de la Santé. Dans ce cadre, la surveillance communautaire constitue l’un des axes privilégiés.

« Nous avons fait du travail et nous voulons maintenir cela », a martelé le Pr Muyembe, membre de la Task force présidentielle, mettant en garde contre tout relâchement qui pourrait compromettre les acquis enregistrés dans certaines zones. Ce briefing de presse consacré à l’évolution de la situation sanitaire a également connu la participation du Pr Placide Mbala, directeur de la Recherche, des Essais cliniques et de l’Innovation à Africa CDC, ainsi que du ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. ACP/

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