Ebola en RDC : un microbiologiste appelle à renforcer la surveillance après le pic

Kisangani, 16 septembre 2026 (ACP).– Un appel à renforcer la surveillance dans la riposte contre Ebola a été lancé mercredi auprès de l’ACP, au gouvernement de la République démocratique du Congo(RDC) et à ses partenaires,  par un expert en microbiologie œuvrant à Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, dans le nord-est du pays.

« Ce qui est encourageant, en gros, c’est que nous atteignions un pic de manière globale et que nous le dépassions. C’est déjà très bon, plus que bon même. Mais ce que nous devons faire, c’est maintenir cette surveillance accrue, telle que l’ensemble de l’équipe de la riposte l’a fait, avec le gouvernement, la Présidence, l’INRB, Africa CDC et les autres partenaires. Ils ont mobilisé les moyens et les experts. Je pense qu’avec cela, nous devons encore accentuer les efforts », a déclaré Alain Okito, professeur d’université et spécialiste en microbiologie.

Selon lui, le dépassement du pic ne constitue pas, à lui seul, une preuve de la maîtrise de l’épidémie. Il traduit plutôt, a-t-il expliqué, un résultat encourageant de la stratégie de riposte mise en place, dont les effets commencent à être perceptibles et pourraient conduire à un meilleur contrôle de la maladie si les efforts sont maintenus et renforcés. Le professeur Okito a relevé que la 17ème épidémie de la MVE en RDC ne se limite pas à un seul foyer, mais concerne plusieurs zones et provinces où la dynamique de transmission demeure différente. Il a ainsi appelé à éviter une lecture globale des chiffres qui pourrait, selon lui, masquer une progression persistante dans certains foyers.

L’apparition récente d’un cas confirmé dans le Sud-Ubangi, devenue la septième province touchée, illustre cette nécessité d’une vigilance continue. Il a également souligné que la mobilité des populations constitue un facteur de risque important dans la propagation du virus.

Évoquant le cas confirmé dans le Sud-Ubangi, il a indiqué que le déplacement du malade à travers plusieurs territoires et pays avant son arrivée dans cette province pouvait avoir entraîné de nombreux contacts, avec le risque de voir apparaître de nouveaux foyers de transmission.

Pour cet expert, il convient donc de rester prudent malgré les signes encourageants observés dans l’évolution de l’épidémie. Il a estimé que les données communiquées par la riposte reposent essentiellement sur les cas détectés et pris en charge dans les structures sanitaires, alors que certaines personnes infectées pourraient ne pas se présenter dans les centres de traitement, échappant ainsi au système de surveillance et risquant de contribuer à la poursuite de la transmission.

Le professeur Alain Okito a ainsi recommandé le maintien d’une surveillance renforcée, notamment dans les zones nouvellement touchées et celles où la transmission demeure active, afin de consolider les résultats obtenus et d’éviter une reprise de la courbe épidémique.

ACP/KIS/LIB/AB.

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