Beni, 04 juin 2026(ACP).- Les mesures barrières contre la maladie d’Ebola, ont été élargies aux hôteliers, restaurateurs, tenanciers des bars et dans le secteur du transport en commun à Béni, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, afin de protéger les clients potentiels, a indiqué un cadre du secteur du tourisme approché jeudi par l’ACP.
« Depuis l’apparition de la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola, nous avons réunis les hôteliers, les restaurateurs et autres tenanciers des terrasses afin qu’ils prennent à leur tour des dispositions arrêtées par l’autorité provinciale par rapport à cette maladie. Parmi les dispositions prises, c’est d’abord le lavage correct des mains avant d’entrer dans un hôtel, dans le bar et restaurant. Il faut aussi observer la distanciation sociale. Il ne faut pas que les gens s’asseyent entassés les uns contre les autres », a déclaré Joseph Lusenge, chef de la division provinciale du Tourisme au Nord-Kivu.
Selon ce cadre de l’Administration publique, les mêmes mesures d’hygiène et de distanciation sociale s’appliquent également dans le transport en commun, notamment avec la réduction de six à quatre du nombre des passagers à transporter dans une voiture de transport en commun.
Toutes ces mesures sont suivies pour protéger la communauté contre cette 17e épidémie de souche Bundibugyo et surtout se rendre compte du degré de respect des mesures barrières.
« Nous ne cessons de larguer les contrôleurs dans les agences de voyage pour se rendre compte de l’applicabilité et le respects des mesures prises et les cas échéants sanctionner tout récalcitrant », a avisé le chef de division Kisughu qui en appelle à la prise de conscience communautaire face à la maladie à virus Ebola dont l’éradication exige l’implication de tout le monde.
Des milieux récréatifs alignés derrière les dispositions de l’autorité
Les milieux récréatifs dont les hôtels, resto-bars et autres espaces de divertissement s’alignent derrière les dispositions édictées par l’autorité provinciale du Nord-Kivu qui a renforcé, dans un arrêté, les mesures barrières à travers ce cadre approprié de travail pour stopper, tant soit peu, la contamination multiforme de la maladie à virus Ebola.
« Presque tous les cadres du gouvernement provincial du Nord-Kivu viennent dîner et même souper ici. Je ne pouvais pas ne pas obtempérer à l’ordre de l’exécutif provincial, celui d’appliquer les mesures barrières et chaque table a maintenant droit à quatre clients au lieu de six avec une distanciation bien respectée. La maladie est là. Je ne peux pas accepter que ce lieu soit isolée parce qu’on y a trouvé un cas contact ou un cas suspect qui soit passé par ici sinon c’est une anti-campagne pour Amis clients. Donc, je m’efforce à tout prix d’être en ordre. Afin que mes clients se sentent bien sécurisés et nous sommes fiers de notre service rendu », s’est exprimé Dieu-Merci Kasereka, chef du personnel du « Restau Bar Amis Clients Trinité », situé au quartier Matonge, un des quartiers à forte ambiance de la ville de Beni, dans la commune de Mulekera.
De son côté, le responsable de l’hôtel localement appelé Sheraton, situé au quartier Tamende, dans la même commune, a estimé que si les clients se conforment aux conditions instaurées par sa structure, personne ne sera affectée de la maladie à virus Ebola.
« Ici, à l’hôtel Sheraton, comme dans d’autres de ce secteur de l’hôtellerie à Beni, nous sommes informés que chacun de nous doit se conformer aux prescrits de l’arrêté rendu public par le gouverneur ainsi que les orientations des prestataires de santé. C’est pourquoi toutes les dispositions sont déjà opérationnelles ici chez moi. Il y a ici des kits de lavage de mains, de thermo-flashes et même des kits de gel hydro alcoolique sur chaque table. Quand nous avons de grandes manifestations comme les mariages, les anniversaires ou encore de géants séminaires étatique et/ou non étatiques », a assuré Jérôme Kitoko, gérant de l’hôtel Sheraton.
Des consommateurs de boissons conscients de la gravité de la maladie
Abordés, nombreux habitués de la bonne ambiance, ont salué la mise à place des dispositifs de lavages, le prélèvement obligatoire de la température à l’entrée de chaque place récréative, avec néanmoins, un bémol sur la promiscuité toujours remarquable surtout dans les boites de nuit.
« Dans des débits des boissons très fréquentés, bistrots, boites de nuit, bars, terrasses et autres cafétérias, il y a quand même du monde mais la plus part des fois, les dispositifs de lavage des mains ont été installés ou encore des solutions hydro alcooliques pour désinfecter les mains, mais il y des endroits où il s’observe de la promiscuité caractérisée par des frottements. Pour ce qui est de la distanciation, en tout cas elle n’est pas trop respectée sauf qu’il y a beaucoup de gens qui croient que la maladie existe et qu’ils prennent des précautions », a dit Jean Paluku, très assuré de la prise de conscience des uns et des autres citant les tenanciers des cafeterias, des night-clubs.
« Comme ce n’est pas tout le monde qui prends les précautions, je crois qu’à ce stade, il est question de conscientisation, de responsabilité », a conclu cet homme, la trentaine révolue mais très habitué à sortir au moins deux fois par semaines.
Pour sa part, Johnson Lwanzo, le grand avantage est que désormais au niveau de tous les bistrots qu’il fréquente, l’avantage est que la conscience est née de nouveau avec des lave-mains désormais partout.
« En terme des mesures barrière pour ce qui concerne la maladie à virus Ebola en ville de Beni, je dois dire que là où nous prenons de la bière, l’avantage est que partout ils ont mis les dispositifs de lavages des mains, ce qui fait qu’en entrant on est obligé e se laver les mains. Mais en dehors de ça, l’on est obligé de se protéger, c’est-à-dire, au lieu que la bière nous soit emmenée, nous avons pris l’habitude d’aller nous-mêmes retirer la bière du frigo pour éviter que la servante soit à la base d’une contamination », a-t-il soutenu avant de revenir sur la proximité surtout au niveau de la piste de danse où la distanciation est difficile voire impossible à respecter.
Les clients rencontrés dans les espaces visités ont eu des mots durs pour dénoncer les tracasseries dont ils sont devenus victimes en cette période de la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola de la part des agents de sécurité commis aux portes des hôtels, espaces et même des restaurants. Certains parmi ces agents sont accusés de vendre aux enchères les cache-nez pour ceux qui n’en disposent pas. Le retour des dispositifs de lavage obligatoire des mains et le prélèvement de la température, est quand même saluée, la santé n’ayant pas de prix. ACP/

