Ituri:un élu national défend une nouvelle Constitution face aux défis sécuritaires actuels

Bunia, 4 juin 2026 (ACP).- Un député national de la province de l’Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo) a plaidé jeudi en faveur du changement de la Constitution du pays, estimant que celui-ci doit se doter d’un arsenal juridique et institutionnel mieux adapté aux réalités contemporaines et aux défis sécuritaires auxquels il est confronté, lors d’un entretien avec l’ACP.

« L’essence et la beauté de la démocratie résident fondamentalement dans la tolérance, la liberté d’expression, de pensée et d’action. C’est précisément au nom de ces principes qu’il convient d’analyser la volonté du gouvernement congolais de doter la République démocratique du Congo d’un nouvel arsenal constitutionnel et juridique », a déclaré le député national Paul Babangu.

Également président du conseil d’administration (PCA) de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), il a soutenu que l’évolution des institutions doit accompagner les mutations de la société et les nouvelles exigences de gouvernance.

Pour Paul Babangu, « les lois et les constitutions doivent évoluer au même rythme que l’esprit humain. Une génération ne peut indéfiniment soumettre les générations futures à des textes sacralisés qui ne répondent plus aux impératifs du présent », une vision qu’il rapproche de la pensée de l’ancien président américain Thomas Jefferson.

Diplômé du Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD), il a estimé que la Constitution du 18 février 2006 a été élaborée dans un contexte exceptionnel marqué par la transition politique, les compromis post-conflit et la nécessité de préserver l’équilibre entre les différentes forces en présence à l’issue des guerres qui ont secoué le pays.

Une Constitution face aux défis sécuritaires actuels
Vingt ans après son adoption, a-t-il poursuivi, « la RDC fait face à des défis nouveaux et complexes, notamment l’agression rwandaise à travers les rebelles du M23, la persistance des attaques des ADF-MTN et l’activisme de plusieurs groupes armés locaux qui continuent de menacer la stabilité nationale ».

Face à cette situation, Paul Babangu a estimé que le cadre constitutionnel actuel présente des limites dans la prise en charge des enjeux liés à la souveraineté et à la défense nationale.
« Il nous faut une Constitution de résilience, d’unité et de souveraineté », a-t-il affirmé.

Abordant le débat politique autour de cette question, Paul Babangu a également critiqué une partie de l’opposition qu’il accuse d’adopter une position contradictoire sur les questions de gouvernance et de sécurité nationale, dénonçant ce qu’il qualifie de recherche du « pouvoir pour le pouvoir » chez certains acteurs politiques.

Il a enfin appelé à un débat ouvert et responsable sur l’avenir institutionnel du pays, estimant que les discussions sur une éventuelle réforme constitutionnelle doivent être menées dans le respect des principes démocratiques et en tenant compte des aspirations du peuple congolais confronté aux conséquences de l’insécurité et de la guerre.

ACP/

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