Lubumbashi, 26 juin 2026 (ACP).- L’intensification de la sensibilisation sur l’importance de la gestion et conservation des archives auprès des institutions publiques et privées par l’institut national des archives du Congo (INACO), direction provinciale du Haut-Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, se poursuit inlassablement a déclaré la directrice adjointe provinciale, Mme Irène Kalenga, lors d’une interview accordée samedi à l’ACP«Cette campagne vise à faire connaître les missions de l’INACO ainsi que le rôle essentiel des archives dans le fonctionnement des entreprises et des administrations», a indiqué Irène Kalenga, directrice provinciale adjointe de l’INACO Haut-Katanga.
Elle a souligné la nécessité d’accélérer la numérisation des archives dans les différentes structures de la province, précisant que certaines entreprises minières ont déjà adopté la numérisation et la dématérialisation.
«Toute opération de dématérialisation doit être autorisée par l’INACO, notamment à travers la délivrance des certificats de substitution», a-t-elle rappelé.Elle a toutefois, déploré l’absence d’un bâtiment propre, le manque de financement ainsi que l’insuffisance de l’appui des pouvoirs publics, précisant que les agents de l’INACO assurent eux-mêmes le fonctionnement de la direction provinciale grâce à leurs cotisations, y compris l’organisation des activités de sensibilisation.
Mme Irène Kalenga a lancé un appel aux autorités provinciales afin qu’elles apportent leur soutien à l’INACO pour lui permettre de remplir efficacement sa mission de préservation du patrimoine archivistique.Elle s’est dite convaincue qu’avec un accompagnement des autorités, l’institution sera en mesure de relever les défis liés à la gestion moderne des archives dans la province du Haut-Katanga.
l’INACO appelle les entreprises à préserver leurs archives pour assurer la continuité institutionnelleDe son côté, le directeur chargé des archives, Ilunga Ngoy Schekinah, a appelé les entreprises publiques et privées du Haut-Katanga à assurer une meilleure gestion de leurs archives afin de garantir la continuité institutionnelle.
Il a indiqué que des experts de l’établissement sont disponibles pour former les responsables des entreprises, tout en remerciant la direction générale de l’INACO pour la confiance accordée aux équipes déployées en province dans le cadre de cette mission de valorisation des archives.
«L’INACO accompagne les institutions à travers des actions de sensibilisation et de formation sur les bonnes pratiques de gestion des archives», a-t-il dit.Le directeur chargé des archives a, par ailleurs, regretté que les archives soient encore perçues comme des documents sans importance dans plusieurs structures.
Il a souligné qu’elles constituent pourtant la mémoire des institutions et permettent d’assurer la transmission des dossiers entre les gestionnaires successifs, rappelant que « les hommes passent, mais les institutions demeurent ».
Il a enfin exhorté les responsables des entreprises à préserver leurs archives afin d’éviter les erreurs de gestion et de garantir la pérennité des informations administratives.
L’INACO déplore la mauvaise gestion des archives et appelle au respect de la loi archivistiquePar ailleurs, Paulin Mbayo, agent de l’INACO, a dressé un tableau préoccupant de l’état de la gestion des archives dans la province du Haut-Katanga, tout en dénonçant le manque de culture archivistique, l’insuffisance des infrastructures de conservation et les difficultés rencontrées lors des missions d’inspection.
« Les missions d’inspection révèlent que de nombreuses administrations et entreprises conservent leurs archives dans des conditions inappropriées, parfois à même le sol ou dans des sacs, en violation des normes en vigueur », a-t-il dit.
« L’INACO fait actuellement face à un manque d’infrastructures adaptées pour accueillir les archives définitives de la province, tout en plaidant auprès des autorités pour la construction d’un grand dépôt d’archives capable d’assurer la conservation du patrimoine documentaire du Haut-Katanga », a-t-il souligné.
Il a rappelé que les archives de premier et de deuxième âge restent sous la responsabilité des services producteurs avant leur transfert à l’INACO.Abordant les réticences de certaines entreprises et de particuliers à ouvrir leurs archives aux inspecteurs, Paulin Mbayo a insisté sur le caractère obligatoire des contrôles effectués par l’INACO.
Il a rappelé que l’Institut agit en application de la loi n° 78/013 du 11 juillet 1978, qui confère à l’INACO la mission de réguler le secteur archivistique et s’impose aussi bien aux institutions publiques qu’aux entreprises privées et aux détenteurs d’archives privées.
Il a par conséquent, invité tous les producteurs d’archives à collaborer avec l’Institut afin de garantir la préservation du patrimoine documentaire national. ACP/MUNGA+MAUWA+BASUKU/MUD

