Mahagi, 14 février 2026 (ACP).- Un réseau présumé de trafic et d’exploitation pour de fins économiques des jeunes originaires du territoire de Mahagi, dans la province de l’Ituri(Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC), a été dénoncé par une organisation citoyenne, a appris vendredi l’ACP lors d’un entretien.
» Un réseau présumé de trafic recrute et transfère actuellement des jeunes du territoire de Mahagi vers le territoire d’Irumu et d’autres localités de la province sœur du Haut-Uélé pour y effectuer des travaux agricoles dans des conditions déplorables. Attirés par des promesses d’emploi, ces jeunes se retrouvent rapidement soumis à une exploitation systématique « , a déclaré M. Innocent Wabekudu, coordonnateur de la société civile du territoire de Mahagi.
« À leur arrivée dans les milieux d’exploitation, leurs cartes d’identité sont confisquées, les privant ainsi de toute liberté de mouvement et de la possibilité de regagner leurs familles. Cette situation les expose à de graves abus et accroît considérablement leur vulnérabilité « , a-t-il ajouté.
« Face à des conditions de vie extrêmement difficiles, plusieurs de ces jeunes succombent et sont inhumés sur place par la communauté locale », a-t-il déploré.
M. Wabekudu a également souligné que le drame est aggravé par le fait que beaucoup de ces victimes ne maîtrisent ni le lingala, ni le swahili, ni le français, rendant toute tentative de communication ou de défense encore plus complexe.
Selon lui, ces pratiques s’apparentent à une forme de traite des personnes et d’exploitation abusive de la main-d’œuvre juvénile, constituant une violation flagrante des droits humains.
Pour lutter contre ce phénomène qui menace les jeunes du territoire de Mahagi, il a appelé les autorités compétentes à diligenter une enquête approfondie afin d’identifier les auteurs de ce réseau et de les traduire en justice.
Enfin, il a réaffirmé l’engagement de la société civile du territoire de Mahagi à défendre les droits des jeunes, avant d’inviter toutes les couches sociales à une mobilisation collective pour mettre fin à ces pratiques d’un autre siècle.
ACP/C.L.

