Ituri : «lire pour comprendre et agir », une philosophie au service de la transformation sociale (Bibliothécaire en chef de l’université shalom de Bunia)

Bunia,18 mars 2026(ACP).- Une réflexion axée sur la nécessité de développer une lecture globale du réel afin de mieux comprendre les dynamiques sociales et y apporter des réponses concrètes a été recommandée par le bibliothécaire en chef de l’université shalom de Bunia, chef-lieu de  l’Ituri(Nord-est de la République démocratique du Congo), lors d’un entretien mercredi avec l’ACP.

 « Cette philosophie peut contribuer à plusieurs choses. Un, renforcer la culture intellectuelle ; le citoyen devient capable d’analyser les problèmes au lieu de simplement de réagir. Deux, améliorer la gouvernance, c’est-à-dire les décideurs prennent les décisions basées sur la compréhension des réalités. Trois, promouvoir la paix. Une population qui comprend les causes des conflits peut mieux prévenir les violences », a expliqué le bibliothécaire en chef de l’université shalom de Bunia, Jean-Baptiste Unen Ushanda.

 «Ma réflexion ou philosophie intitulée « Lire pour comprendre et agir”. Lorsqu’on parle de lecture, beaucoup de personnes pensent immédiatement au livre, au journal ou à un document écrit. Pourtant, la lecture va bien au-delà. Lire, c’est aussi observer, interpréter et comprendre ce qui se passe autour de nous », a-t-il ajouté.

Selon lui, la société est entourée d’informations constituées de faits, de comportements et de signes souvent négligés faute d’une culture d’observation et d’analyse.

M. Unen Ushanda a plaidé ainsi pour une approche qui valorise la lecture de l’environnement comme première étape vers la connaissance.

Il a illustré cette approche par des exemples concrets, notamment celui de l’enseignant qui analyse les causes de l’abandon scolaire, de l’agriculteur qui observe la terre et le climat, ou encore du commerçant qui étudie les tendances du marché. 

 « Tout le monde peut être lecteur du réel, même sans bibliothèque », a-t-il souligné, insistant également sur l’importance de l’écriture comme deuxième étape essentielle.

Il a, en outre, soutenu que « documenter les observations permet de transformer l’expérience en connaissance partageable et améliorable, contribuant ainsi au développement intellectuel de la société ».

A cette occasion, il a mis en avant la nécessité de passer à l’action, relevant que la lecture et l’écriture doivent déboucher sur des initiatives concrètes, telles que la création des bibliothèques communautaires, la promotion des clubs de lecture ou encore la formation des jeunes à la recherche.

À travers cette philosophie, M. Unen Ushanda a encouragé les institutions académiques et les communautés à adopter une culture de réflexion, d’écriture et d’engagement, afin de faire de la connaissance un véritable levier de transformation sociale.

 « Chaque citoyen est devenu lecteur du réel. Cela commence par trois(3) attitudes : observer minutieusement son environnement de vie, chercher à comprendre le problème de son environnement de vie, et s’engager à proposer des solutions », a-t-il conclu. ACP/UKB

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