Bunia, 25 août 2026 (ACP).- Le renforcement du dialogue entre autorités sécuritaires et professionnels des médias, apparaît nécessaire pour concilier les impératifs de sécurité avec la liberté de la presse, selon une étude présentée à l’Université de Bunia (Unibu), en Ituri, dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo(RDC), a constaté mardi l’ACP.
« La principale difficulté réside dans la recherche d’un équilibre entre les impératifs légitimes de sécurité et la nécessité de préserver la liberté de la presse ainsi que le droit du public à l’information », a indiqué l’étudiant Joël Heri Budjo dans son étude intitulée : « Analyse de la presse sous le régime de l’État de siège en Ituri de 2021 à 2025 ».
Il s’agit d’un travail de mémoire présenté en vue de l’obtention d’une licence en communication appliquée à l’Unibu.
Selon les résultats de la recherche menée par ce stagiaire professionnel de l’Agence congolaise de presse (ACP), les journalistes continuent d’exercer leur métier malgré un environnement marqué par des contraintes sécuritaires et professionnelles.
Ces contraintes, a-t-il précisé, concernent notamment l’accès à certaines zones d’opérations, l’obtention d’informations et les relations avec certaines autorités chargées de la sécurité.
« La presse continue en effet de fonctionner et les journalistes poursuivent leur mission d’information », a souligné M. Heri Budjo.
Une tendance à l’autocensure
Il a soutenu que son étude met néanmoins en exergue une tendance à l’autocensure chez certains professionnels des médias, particulièrement lorsqu’il s’agit de sujets sensibles liés aux opérations militaires, aux questions sécuritaires ou aux responsabilités des acteurs impliqués dans le conflit.
Pour M. Heri Budjo, cette situation peut affecter le droit du public à une information complète, fiable et pluraliste.
Il a souligné dans sa dissertation cependant que les médias conservent un rôle essentiel dans le contexte de crise que traverse l’Ituri, notamment à travers la sensibilisation de la population, la diffusion des messages de paix et la lutte contre la désinformation.
Par ailleurs ce nouveau diplômé en communication appliquée du département de sciences de l’information et de la communication(SIC) a recommandé ainsi l’amélioration de l’accès des journalistes aux sources officielles et la mise en place d’un environnement permettant aux professionnels des médias d’accomplir leur mission tout en respectant les exigences légitimes de sécurité.
« Les mesures de sécurité devraient, autant que possible, être appliquées dans le respect du cadre légal, de la déontologie journalistique et des principes fondamentaux relatifs à la liberté d’expression et au droit à l’information », a-t-il insisté.
Une étude basée sur plusieurs techniques
Pour parvenir à ces conclusions de l’étude sous examen, M. Heri Budjo a notamment recouru à la technique documentaire, à l’observation et à une enquête par questionnaire auprès des professionnels de la presse à Bunia, souligne-t-on.
ACP/NM

