Ituri : « réapparition de certains leaders dans les groupes armés : un déficit de maturité »  (Un notable)

Bunia, 13 janvier 2026 (ACP).-La réapparition de certains leaders au sein des mouvements armés en   l’Ituri, dans le nord-est de la République Démocratique du Congo,  malgré la guerre vécue, traduit un déficit de maturité politique et civique, a estimé mardi un notable lors d’un entretien avec l’ACP. 

« Voir des personnes ayant déjà vécu la guerre entre 2000 et 2003 replonger aujourd’hui dans la violence armée est un signal très négatif pour la province. Quelqu’un [Thomas Lubanga] qui a connu la guerre et qui y retourne encore aujourd’hui montre clairement que nous n’avons pas évolué. C’est un aspect très négatif dans le chef des leaders de l’Ituri », a fustigé le notable Emmanuel Bahati Kukwabo.

Il a, par ailleurs, souligné que le contexte actuel est fondamentalement différent de celui du début des années 2000, période marquée par la domination de groupes armés tels que l’UPC et le FNI.

« On sentait réellement que l’État n’était pas aussi fort qu’aujourd’hui. Les groupes armés contrôlaient la province parce que l’État était défaillant », a-t-il expliqué.

En revanche, a-t-il poursuivi, la situation actuelle est tout autre.

 « Aujourd’hui, l’État est présent. Il y a un gouverneur, une administration provinciale et surtout les FARDC qui sont là pour défendre la population », a-t-il indiqué, rejetant toute justification à la création de nouveaux groupes armés.

Par ailleurs Emmanuel Bahati Kukwabo a également relevé que les anciens conflits armés avaient souvent une connotation interethnique, où certains groupes se formaient sous prétexte d’autodéfense qui est une réalité qui ne peut plus être acceptée aujourd’hui.

S’agissant du groupe armé CRP, Emmanuel Bahati Kukwabo estime qu’il est voué à l’échec. 

« Je ne connais aucun territoire ni aucun groupement qu’ils contrôlent réellement. Il n’existe aucun bastion où les FARDC n’ont pas accès. Ils vont d’échec en échec », a-t-il affirmé, appelant ses membres à abandonner les illusions et à faire preuve de pragmatisme.

Il a, en outre, exhorté les jeunes engagés dans ce mouvement à ne pas se laisser manipuler. « Ce n’est pas en prenant les armes contre son propre frère qu’on peut prétendre avoir évolué. On recule au lieu d’avancer », a-t-il martelé. Comparant la situation économique des membres des groupes armés avant et après leur engagement, il a estimé que ces derniers n’ont rien gagné, bien au contraire. « Leur capital n’a pas augmenté. Ils ont tout perdu », a-t-il conclu. ACP/C.L. 

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