La déforestation est la première cause de l’épidémie d’Ebola (Expert en environnement)

Kinshasa, 25 septembre 2026 (ACP).- La déforestation est la première cause de l’épidémie à virus Ebola, et l’exploitation minière en est la deuxième, a soutenu un expert en environnement lors de son intervention sur « l’interaction entre Ebola et l’environnement », au cours d’une conférence-formation organisée, jeudi à Kinshasa, en République démocratique du Congo(RDC).

« La déforestation est la première cause de l’épidémie à virus Ebola. La deuxième est l’exploitation minière. Notre communication sensibilise à dire : oui aux actions et opérations urgentes contre Ebola, mais nous devons mettre en place toute une politique contre la déforestation rapide de nos forêts, ainsi que contre l’exploitation minière anarchique qui détruit également nos forêts, nos savanes et nos rivières », a déclaré le professeur Pierre-Albert Ngueliele.

« J’ai démontré selon les recherches scientifiques que le vecteur d’Ebola est dans la nature que l’homme est en train de détruire, en déplaçant les réservoirs, des animaux qui ont des microbes, vers le milieu où vivent les hommes. Et lorsque ces derniers entrent en contact avec ces animaux, ils s’infectent et deviennent malade », a-t-il ajouté, précisant qu’entre 2004-2005 dans la province de la Tshopo, 54 000 hectares de forêt ont disparu et 600 000 hectares disparaissent également sur toute la RDC.

« Lorsque les animaux vivaient dans la forêt humide, vierge, ils avaient beaucoup de nourriture. Et comme on coupe les arbres, on détruit la forêt, ces animaux n’ont plus de nourriture et ils vont fuir là où ils peuvent en trouver, ce qui justifie leur proximité avec les hommes dans les parcs, les villages », a  expliqué l’expert environnementaliste, soulignant que les minerais enrichissent, mais ils détruisent aussi la biodiversité et l’écosystème, au même titre que la déforestation.

Le professeur Ngueliele a , à cette occasion, appelé les écologistes à s’impliquer dans la sensibilisation des autorités du pays, notamment le ministère de l’Environnement à l’exploitation intelligente.

Pour lui, le reboisement doit se faire de manière intelligente, c’est-à-dire en cas de reboisement remplacer les arbres qualitatifs, à savoir ceux qui serviront aux animaux ou insectes qui vivaient sur ces plantes abattus.

Il a, par ailleurs, exhorté la population à prendre au sérieux la lutte contre Ebola. Cette maladie mortelle, exigeant le respect des normes d’hygiène et sanitaires, mais surtout les normes environnementales.

« Quand vous voyez une bête qui est morte dans la forêt, ne la mangez pas, puisque le risque de la vie vaut mieux que ce morceau de viande, soyons gentils pour aider nos peuples qui sont dans cette souffrance », a-t-il insisté.

D’autres orateurs sont également intervenus au cours de cette conférence-formation, tels que le professeur Germain Kapour, chef du département de recherche à l’Inoha, qui a présenté l’écosystème de la maladie à virus Ebola.

Cette journée organisée sous le thème : « Maladie à virus Ebola en RDC : renforcer la riposte face à l’émergence de la souche Bundibugyo, améliorer la prévention, le diagnostic précoce et la prise en charge des patients » s’est clôturée par la  remise des brevets aux orateurs et à quelques participants. ACP/M/M

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