l’Ituri et le Haut-Uele renforcent leur collaboration sécuritaire et sanitaire

Bunia, 8 août 2026 (ACP).- Les gouverneurs de l’Ituri et du Haut-Uele dans le Nord-est de la République démocratique du Congo ont décidé de renforcer leur collaboration autour des questions sécuritaires et sanitaires, à l’issue d’une séance de travail tenue samedi à Bunia a constaté l’ACP.

« Nous sommes là pour rencontrer les autorités provinciales de l’Ituri pour échanger sur les questions sécuritaires et sanitaires », a déclaré Jean Bakomito, gouverneur du Haut-Uele.

Les échanges ont principalement porté sur l’harmonisation des stratégies de lutte contre les groupes armés, notamment les combattants ADF et leurs alliés, ainsi que sur la riposte contre la maladie à virus Ebola qui affecte les deux provinces voisines.

Selon lui, les discussions sécuritaires ont permis aux deux provinces d’harmoniser leurs efforts afin de lutter conjointement contre les groupes terroristes qui cherchent à déstabiliser l’espace de la Grande Orientale.

« Nous devons mener des efforts conjoints pour que, ensemble, nous puissions mettre fin à ces phénomènes terroristes des ADF et leurs alliés qui essaient de déstabiliser la Grande-Orientale, notamment nos provinces de l’Ituri et du Haut-Uele », a-t-il souligné.

Le gouverneur du Haut-Uele a indiqué que les informations échangées devraient permettre aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et aux services de sécurité d’améliorer leurs opérations en vue de restaurer durablement la paix, conformément aux orientations du Chef de l’État et Commandant suprême des FARDC, Félix-Antoine Tshisekedi.

« Nous avons évalué la situation sécuritaire à la limite de nos deux provinces et nous sommes contents de voir que des efforts ont été fournis par l’armée qui continue chaque jour à monter en puissance grâce à l’implication personnelle du président de la République, Commandant suprême, qui ne cesse de renforcer nos forces armées en hommes et en matériel », a-t-il martelé.

Concernant la situation dans le Haut-Uele, le gouverneur Bakomito a fait savoir que plusieurs zones, notamment Kambo, Anwazan et d’autres villages, connaissent une accalmie relative, alors que les éléments armés tenteraient de se déplacer vers la Réserve de faune à okapis (RFO) et le territoire de Mambasa, en Ituri.

« L’ennemi est en déroute, si on peut le dire. Il essaie de rentrer vers la RFO et Mambasa pour continuer à commettre des actes criminels et barbares, mais l’armée va continuer à les poursuivre jusqu’à son dernier retranchement », a-t-il affirmé avant d’appeler les populations des deux provinces à renforcer leur collaboration avec les services de défense et de sécurité, par la dénonciation des mouvements suspects.

« Nous appelons donc la population, que ce soit du côté de l’Ituri comme du côté du Haut-Uele, à travailler en étroite collaboration, à dénoncer, à ne pas s’allier à ces terroristes qui sèment la mort et la désolation », a-t-il insisté.

Une collaboration renforcée contre Ebola

Au-delà de la situation sécuritaire, les deux gouverneurs ont également échangé sur l’évolution de la maladie à virus Ebola et sur les stratégies communes à mettre en œuvre dans les zones frontalières.

Jean Bakomito a indiqué que la situation épidémiologique en Ituri connaît une évolution encourageante, tout en appelant la population du Haut-Uele à observer les mesures de prévention.

« Nous sommes venus témoigner de notre solidarité à toute la population de l’Ituri, mais aussi encourager le gouvernement provincial que dirige le gouverneur militaire, qui doit faire face à une crise sécuritaire, mais également sanitaire et humanitaire. Après évaluation, nous avons retenu que la situation s’améliore du côté sanitaire. Cette épidémie qui allait de pire en pire a commencé à régresser et on voit qu’il y a espoir », a-t-il dit.

Le gouverneur du Haut-Uele a également insisté sur l’importance de la collaboration entre les populations et les équipes sanitaires pour contenir la propagation de la maladie.

« Je veux dire au peuple du Haut-Uele que cette maladie est une maladie grave, mais elle n’est pas fatale. On peut guérir de cette maladie lorsqu’on observe les règles de prévention et d’hygiène », a-t-il rassuré, préalablement, il a appelé la population à éviter les contacts avec les personnes présentant des symptômes suspects, à ne pas manipuler les dépouilles et à signaler rapidement tout cas suspect aux autorités sanitaires.

« Je demande au peuple du Haut-Uele d’avoir confiance au personnel sanitaire, c’est-à-dire aux médecins, infirmiers et même aux relais communautaires », a-t-il exhorté.

Des stratégies harmonisées pour lettre fin à l’épidémie

Pour sa part, le professeur Steve Ahuka, incident manager de la riposte contre Ebola en mission en Ituri, a salué l’implication des autorités provinciales dans la lutte contre l’épidémie.

« Pour nous les techniciens, cet appui est très important lorsque les autorités politiques les plus élevées des provinces s’intéressent et se concertent sur les stratégies pour mettre fin à cette épidémie. Pour nous, c’est un renfort important », a-t-il expliqué.

Il a reconnu la complexité de l’épidémie tout en estimant qu’elle demeure maîtrisable grâce à l’application rigoureuse des mesures de riposte.

« L’épidémie est complexe, elle est difficile, mais en même temps, elle est gérable lorsque nous mettons en place toutes les mesures qui sont recommandées », assuré le pr Ahuka

Selon lui, la sensibilisation communautaire commence déjà à produire des résultats en Ituri, particulièrement dans la ville de Bunia, où les populations se présentent plus rapidement dans les structures de prise en charge.

« De plus en plus, la population prend conscience et nous voyons cela aussi sur les indicateurs où les gens se présentent plus tôt et on a de plus en plus de guéris », a-t-il relevé.

L’ incident manager a toutefois indiqué que plusieurs cas enregistrés dans le Haut-Uele sont liés à la situation épidémiologique de l’Ituri, notamment dans les zones de Nyanya et du PK51.

« Au final, nous n’avons qu’une seule épidémie et on doit adapter les stratégies, mais en même temps maintenir la même rigueur dans toutes les provinces affectées », a-t-il souligné.

Parmi les stratégies prioritaires retenues figurent la sensibilisation communautaire, le renforcement des capacités de prise en charge, la prévention et le contrôle des infections dans les formations sanitaires ainsi que la sécurisation des enterrements.

« Quand un membre de la famille est malade, il faut signaler. Si malheureusement cette personne meurt, alors il faut aussi signaler pour que l’on fasse un enterrement digne qui respecte nos traditions, mais en même temps sécurisé, qui nous protège contre l’infection », a-t-il recommandé.

Les questions des limites administratives renvoyées à une prochaine rencontre

S’agissant des éventuels différends liés aux limites administratives entre les deux provinces, le gouverneur Bakomito a indiqué que cette question n’a pas été approfondie lors de cette séance de travail et que la rencontre de Bunia s’est davantage focalisée sur les questions sécuritaires et sanitaires, tout en évoquant également les possibilités de renforcer la coopération économique entre les deux provinces.

_« Nous avons évoqué ces questions, mais nous avons préféré les renvoyer à l’interprovinciale qui se tiendra prochainement dans la province du Bas-Uele et qui réunira les quatre provinces avec l’implication de nos assemblées provinciales.
Il y a également des questions économiques, cette collaboration qu’il doit y avoir entre nos deux régies financières, mais également le patronat, les syndicats patronaux et les opérateurs économiques autour de la FEC qui doivent également se rencontrer pour discuter de ces questions »,a-t-il précisé.

Les deux provinces ont ainsi convenu de poursuivre les échanges à travers des rencontres techniques et interprovinciales afin d’identifier des pistes de solutions aux différentes préoccupations communes, notamment dans les domaines sécuritaire, sanitaire et économique.

ACP/MK

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