Bunia, 04 décembre 2025(ACP).- La province de l’Ituri, (dans le Nord-est de la République Démocratique du Congo), est aujourd’hui pacifiée à 80% a révélé jeudi le gouverneur militaire, le lieutenant général Johnny Luboya N’kanshama, lors de la restitution des résultats de l’atelier de capitalisation des projets d’assistance du Fonds au profit de victimes(FPV) de la Cour pénale internationale(CPI) dans l’affaire Thomas Lubanga.
« On a pacifié la province de l’Ituri, je peux dire, 80%. (….) Nous avons mené des opérations, que ce soit sur Lipri, Bambu, Kobu (territoire de Djugu).
Nous avons mené des opérations sur la route nationale N°27(RN27) », a expliqué l’autorité provinciale dans son allocution.
En sa qualité du commandant des opérations, le lieutenant général Johnny Luboya N’kanshama s’est engagé au nom du gouvernement de la République à relever le défi sécuritaire auquel les partenaires du Fonds au profit de victimes(FPV) font face pour accéder auprès de victimes de conflits armés.
Dans le but de réduire au maximum les victimes de conflits armés grâce au retour d’une paix durable, le chef de l’exécutif provincial a rappelé à l’intention de l’assistance une approche globale subdivisée en deux(2) adoptée par son administration à savoir : approche militaire et non militaire. En l’occurrence l’organisation de plusieurs dialogues intra et inter communautaires associés ouverts à certains leaders de groupes armés.
« Nous avons adopté ce qu’on appelle une approche globale. Et cette approche globale est subdivisée en deux. L’approche militaire et l’approche non militaire. Nous avions commencé par une approche militaire.
Vous avez vu vous-même.
Pour ceux qui sont ici depuis quatre(4) ans, quand nous sommes arrivés, il y a des axes qui étaient fermés, il y avait des agglomérations qui étaient désertées, incendiées. Deux(2) semaines après notre arrivée nous avions ouvert la RN27 », a-t-il fait savoir.
Pour le changement du narratif
Profitant de l’occasion, le lieutenant général Johnny Luboya N’kanshama a exhorté ses administrés au changement de leur narratif susceptible de contribuer au retour d’une paix durable pour booster le développement de cette jeune province aux potentialités inouïes.
« Changeons de narratif. Parlons de nous, de notre amour. Parlons de notre province.
l’Ituri, comme j’ai dit, c’est une province d’avenir. Regardez seulement le peu que nous avons fait ici », a-t-il exhorté.
Plus de 10.000 survivantes prises en charge
De son côté la gestionnaire du Fonds au profit de victimes(FPV) de la CPI en RDC, Madame Kizita Forgwe, a indiqué qu’il ressort des résultats cumulés de rapports de dix(10) partenaires de sa structure que plus de 10.000 survivantes de violences sexuelles et basées sur le genre ont bénéficié d’une prise en charge complète dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
« Par rapport aux résultats, au regard des résultats cumulés, plus de 10.020 survivantes de violences sexuelles et basées sur le genre ont bénéficié d’une prise en charge complète, dépassant largement les cibles initiales de 8.425 personnes », s’est-elle félicitée.
A elle d’ajouter : « Plus de 9.500 survivantes ont reçu des soins médicaux et un accompagnement psychologique leur permettant de commencer un véritable processus de guérison. Plus de 5.300 suivantes ont bénéficié d’un appui matériel et socio-économique, favorisant leur autonomie et la reconstruction de leur dignité ».
Programme d’assistance et de réparation
Par ailleurs le chargé de programme sur terrain du FPV de la CPI en RDC, Descio Gueyes, a mis en exergue les deux(2) programmes qui ont été mis à la disposition de victimes : « Nous avons deux(2) catégories de programmes, le programme d’assistance et le programme de réparation. Le programme de réparation est lié à une affaire judiciaire et dans le programme
d’assistance, nous intervenons dans le pays en situation avant la mise en œuvre du programme de réparation pour soutenir, apporter des programmes d’urgence aux victimes dans le besoin ».
Cette cérémonie a été marquée par les témoignages glaçants de deux(2) femmes, l’une victime de viol assorti d’une grossesse et la seconde victime de l’amputation d’une jambe.
En plus de l’autorité provinciale et du vice-président de l’assemblée provinciale, Louis Masumbuko, le coordonnateur provincial de la société civile, les délégués des organisations nationales, internationales, du système de Nations-Unies, et plusieurs notabilités ont pris part à cette activité, souligne-t-on.
ACP/JF

