RDC : des eurodéputés exigent des sanctions contre le Rwanda et Kabila

Kinshasa, 20 octobre 2026 (ACP).- Lors d’une intervention lundi au Parlement européen, des députés européens ont appelé à l’application effective des sanctions contre le Rwanda et l’ancien président congolais, face à leur implication directe dans la déstabilisation de la République démocratique du Congo (RDC), selon une vidéo consultée mardi par l’ACP.

« La guerre ravage la RDC. C’est l’un des conflits les plus meurtriers depuis les deux guerres mondiales. Nous appelons à la paix, au retrait des troupes rwandaises et à des sanctions », a déclaré l’eurodéputée Hilde Vautmans, exhortant les institutions européennes à traduire les résolutions adoptées par le Parlement en mesures concrètes.

Insistant sur l’urgence d’une action européenne, la députée a demandé que les résolutions adoptées soient pleinement mises en œuvre et que les sanctions envisagées contre le Rwanda soient effectivement appliquées.

« Nos résolutions ne peuvent pas rester lettre morte. L’Europe ne peut pas se taire. La crédibilité de notre Parlement est en jeu », a-t-elle martelé.

Mme Vautmans s’est notamment inquiétée du rapprochement entre Joseph Kabila et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), soutenus par le Rwanda, dans le but de déstabiliser la RDC, tout en dénonçant la persistance des violences qui frappent l’Est du territoire congolais depuis plus de trente ans.

« Les institutions européennes sont appelées à assumer leurs responsabilités afin de contribuer au rétablissement de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs », a insisté l’eurodéputée.

Le 13 février 2025, le Parlement européen a adopté une résolution condamnant l’occupation de Goma et d’autres territoires congolais par les forces rwandaises et le M23. Les eurodéputés ont notamment recommandé la suspension de l’accord entre l’Union européenne (UE) et le Rwanda sur les matières premières critiques, le gel de l’aide budgétaire à Kigali, la suspension de l’assistance militaire ainsi que le renforcement des sanctions ciblées.

Le 17 mars 2025, le Conseil de l’UE a sanctionné neuf personnes et une entité impliquées dans les violations des droits humains, le maintien du conflit et l’exploitation illégale des ressources naturelles en RDC. Les personnes visées comprenaient cinq responsables du M23, trois officiers supérieurs rwandais et Francis Kamanzi, directeur général de l’Office rwandais des mines, du pétrole et du gaz.

Ces mesures faisaient suite aux sanctions du 26 juillet 2024, déjà imposées à neuf personnes et à une entité pour leur rôle dans l’insécurité et les violations des droits humains dans l’Est de la RDC. ACP/

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