Kinshasa, 2 décembre 2025 (ACP).- Le directeur général de l’Office de gestion du fret multimodal (Ogefrem), a sollicité la validation « rapide » par le Gouvernement du contrat de concession du port sec de Kasumbalesa, signé lundi, entre YellowStone (firme sud-africaine) et la République démocratique du Congo, afin de procéder sans délai au lancement des travaux, a constaté l’ACP.
« Je souhaite que cette adhésion totale aux services du Port sec devienne le moteur de notre succès collectif. C’est pourquoi, Excellence Monsieur le Vice-Premier Ministre, la Direction Générale de l’OGEFREM réitère la sollicitation de votre implication pour garantir une validation rapide de ce projet par le Gouvernement de la République, afin de procéder sans délai au lancement des travaux, aussitôt l’autorisation du Gouvernent obtenue, dont la durée est estimée à 20 mois à partir de Janvier 2026 », a déclaré William Kazumba Mayombo, directeur général de l’Ogefrem, lors de la cérémonie de signature du contrat de concession d’exploitation dudit port sec. C’était sous la supervision du Vice-Premier ministre des Transports, voies de communication et désenclavement, Jean-Pierre Bemba.
Le directeur général Kazumba a rappelé que l’Ogefrem a acquis, il y a plus de deux décennies, une concession de 62 hectares à Kasumbalesa, à la frontière entre la République Démocratique du Congo et la Zambie, spécialement destinée à l’érection d’un Port Sec, afin d’assurer la fluidité des frets à l’importation comme à l’exportation, de réduire les délais de transit, d’améliorer
la coordination des opérations logistiques et de garantir une circulation efficace et sécurisée des marchandises le long des principaux corridors de transport desservant à la fois l’Afrique australe et la région de l’Afrique de l’Est.

A en croire le patron de l’Ogefrem, son office fait partie des rares structures publiques à avoir conduit un projet de partenariat public-privé dans le strict respect du cadre légal applicable aux Partenariats Public-Privé, en conformité avec la Loi n°18/016 du 9 juillet 2018 et ses mesures d’application. « De l’actualisation et validation des études de faisabilité à l’attribution définitive du contrat au Consortium YELLOWSTONE, chaque étape a été menée avec rigueur et transparence », a-t-il souligné.
Auparavant, le VPM des Transports, Jean-Pierre Bemba a laissé entendre que cet ouvrage est un levier de compétitivité. Il a reconnu, par ailleurs, que la signature du contrat a obéi à toutes les règles de passation de marché en cette matière. C’est ainsi qu’en sa qualité de ministre de tutelle, il a invité les parties contractantes au respect des clauses conclues car, pour lui, Kasumbalesa est un carrefour majeur reliant l’ensemble des corridors de l’Afrique centrale, située sur la route nationale n°20 et intégrée au corridor nationale Banana-Kasumbalesa.
Un contrat d’une durée de 23 ans
Dans la suite de son allocution, le DG Kazumba a révélé qu’à travers ce contrat, l’Autorité contractante confie au partenaire privé, en l’occurrence le Consortium YELLOWSTONE, le droit exclusif de développer, financer, construire, exploiter et entretenir un port sec moderne à Kasumbalesa, dans la province du Haut-Katanga, pour une durée de 23 ans, incluant la phase de construction.
Ce partenariat ambitieux, a-t-il renchéri, mobilise un investissement total de 599,874 millions de dollars américains, toutes Taxes comprises (TTC), totalement pris en charge par le Consortium YELLOWSTONE, justifiant pleinement le recours au modèle PPP compte tenu de l’envergure financière du projet et de l’expertise technique requise.
« Le projet de Port Sec de Kasumbalesa est conçu comme un centre logistique moderne, interconnecté aux différents modes de transport, visant à assurer la manutention, le stockage, l’inspection réglementaire et le dédouanement des marchandises faisant l’objet d’échanges internationaux. Véritable prolongement terrestre des ports maritimes desservant la RDC, ce port sec répondra aux normes internationales en matière de traitement des frets grâce à des infrastructures et équipements logistiques de
pointe. Il intégrera également l’ensemble des services administratifs nécessaires – douane, immigration, quarantaine, contrôle qualité et sécurité – pour garantir un traitement rapide, fiable et sécurisé des flux de marchandises », a-t-il expliqué.
Le numéro 1 de l’Ogefrem a ainsi rendu les hommages les plus déférents à Félix Tshisekedi , Chef de l’Etat qui ne ménage aucun effort pour permettre à la RDC d’assumer pleinement son rôle parmi les nations émergentes et sur la scène internationale.
Il a également remercié Mme Judith Suminwa, Premier ministre, pour le leadership qu’elle incarne à la tête du gouvernement de la République en plaçant la modernisation et le développement des infrastructures au centre de l’action gouvernementale.
Le Vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba n’a pas été en reste, pour avoir occupé une place prépondérante dans le cœur du DG Kazumba et l’ensemble du personnel de son établissement public.

Comme l’on peut bien s’en rendre compte, il s’agit d’un investissement évalué à près de 600 millions de dollars américain, a-t-on signalé. Grâce au corridor de Banana et à l’opérationnalisation du port sec de Kasumbalesa, la RDC bénéficiera d’au moins 2000 emplois directs et 5000 emplois indirects, une réduction des coûts logistiques et une compétitivité nationale renforcée, a rapporté la source. Ce contrat s’inscrit dans l’orientation stratégique du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, visant à renforcer les activités de la République, les infrastructures logistiques comme vecteur d’émergence. Et en raison de sa position géostratégique, le pays est appelée à jouer un rôle de plateforme régionale de transit au profit des zones économiques et de pays de l’interland. Et l’implantation du port sec de Kasumbalesa constitue un élément, structurant de cette ambition.
ACP/C.L.

