Kinshasa : la protection du baobab du Beach Ngobila au cœur des préoccupations patrimoniales

Kinshasa, 20 octobre 2026 (ACP).-La protection du baobab centenaire situé à proximité du Beach Ngobila, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, en République démocratique du Congo(RDC), a suscité des préoccupations face aux pressions de l’urbanisation et aux risques liés au développement immobilier, a constaté l’ACP.

« Ce baobab, considéré comme un témoin de l’histoire de la capitale congolaise, représente un patrimoine naturel et culturel dont la préservation nécessite une attention particulière des pouvoirs publics », a indiqué Gilbert Muanji, conservateur des musées à la retraite.

Sa présence dans le centre historique de Kinshasa rappelle une époque où les grands arbres occupaient une place importante dans le paysage urbain et la vie sociale des populations. 

Au fil des années, l’expansion de la ville et la multiplication des constructions ont progressivement réduit les espaces verts, renforçant les inquiétudes autour de la disparition de certains arbres remarquables.

Un patrimoine confronté aux enjeux fonciers

En juillet 2024, le directeur général de l’Office national des transports (Onatra), Martin Lukusa, avait déclaré que le site du baobab relevait du domaine public de l’État et était destiné aux activités de cette entreprise publique.

Cette déclaration intervenait dans le contexte d’un différend concernant l’occupation du terrain, sur lequel exerçaient notamment des commerçantes de pagnes, selon une dépêche de l’ACP publiée   le 26 juillet 2024.

La situation foncière du site et les projets d’aménagement évoqués autour de cet espace soulèvent la question de la conciliation entre l’utilisation des terrains urbains et la conservation du patrimoine naturel.

Une protection institutionnelle attendue

L’insuffisance apparente des garanties de conservation de cet arbre met en évidence la nécessité d’une action coordonnée des autorités compétentes en matière d’environnement, d’urbanisme, de culture et de gestion foncière.

Le classement du baobab comme patrimoine naturel à protéger, accompagné de mesures juridiques et techniques adaptées, pourrait contribuer à garantir sa sauvegarde à long terme.

La mobilisation des organisations citoyennes et des défenseurs de l’environnement a également permis de mettre en lumière l’importance de cet arbre dans la mémoire collective des Kinois.

Un appel à la responsabilité des autorités

La préservation du baobab du Beach Ngobila constitue un enjeu qui dépasse la seule protection d’un arbre. 

Elle renvoie à la responsabilité des institutions publiques dans la conservation des repères historiques et naturels de Kinshasa.

Les autorités concernées sont ainsi appelées à examiner les mesures susceptibles d’assurer la protection durable du site, tout en veillant à ce que les projets de développement urbain prennent en compte la valeur patrimoniale de cet espace.

La sauvegarde de ce baobab contribuerait à préserver une partie de l’identité historique de la capitale et à transmettre aux générations futures un témoignage vivant de son passé. ACP/Kay

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