Mbandaka, 8 mars 2026 (ACP).- Les faiblesses de la Constitution en vigueur ont été mises en évidence, dimanche, par un professeur ordinaire d’une école pédagogue à Mbandaka, province de l’Équateur, dans le Nord-Ouest de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’un entretien avec l’ACP
« Face à un enjeu majeur lié à l’actualité, nous nous sommes résolus d’apporter notre contribution, non en tant que spécialiste en matière de Constitution, mais comme tout patriote épris ou soucieux de la paix », a déclaré Leddy Bokako, professeur ordinaire de l’Institut supérieur pédagogique de Mbandaka
Et d’ajouter : « Concernant le changement de la Constitution, plusieurs faits nous interpellent : l’impact des assemblées provinciales et des conseils communaux, les conséquences de l’élection des gouverneurs par les députés provinciaux, la limitation du mandat du Président de la République face à l’absence de limitation pour les députés, ainsi que le démembrement anarchique des provinces sans critères d’autonomie. Ces éléments illustrent les faiblesses d’un texte en vigueur depuis 2006 ». Il a rappelé que cette Constitution est née d’un contexte de belligérance, où chaque partie cherchait à défendre ses propres intérêts. Selon lui, la nécessité d’un changement repose sur deux facteurs : «L’inefficacité des institutions et l’incompétence de certains animateurs, qualifiée de fléau pour la cohésion nationale»
Poursuivant son analyse, il a expliqué : « La RDC, en tant que jeune État, procède encore par essais et erreurs. Même les démocraties anciennes comme la France ou les États-Unis ont adapté leurs textes aux réalités du moment. L’obsolescence de notre texte de base, vingt ans après son adoption, freine le développement. La Constitution est une œuvre humaine sujette à perfectionnement. »
Le dialogue national inclusif, une voie de sorte
Toutefois, face au contexte de guerre d’agression et aux articles dits « verrouillés », le professeur a suggéré une voie de sortie : « La seule possibilité d’aboutir à un changement demeure le dialogue national inclusif, permettant d’organiser un référendum. Maintenir la Constitution de 2006 reviendrait à encourager la paupérisation du peuple. » Il a invité le Chef de l’État à user de ses prérogatives, soit en réunissant les deux chambres du Parlement en congrès, soit en convoquant un dialogue national. « La RDC ne peut être esclave d’un texte de loi sans effet social positif. Son changement est une nécessité pour permettre au pays de décoller », a-t-il martelé.
Rappelons qu’en ces moments, le débat sur la révision ou le changement de la loi des lois divise la classe politique congolaise où une tendance, plus radicale, s’oppose à tous les deux concepts.
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