Bunia, 15 août 2026 (ACP).– Le renforcement des capacités des acteurs de la riposte non médicale contre Ebola a été au cœur d’un atelier stratégique, organisé samedi par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) à Bunia, visant à consolider l’engagement communautaire face à l’épidémie en Ituri dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo.
« L’Ituri est une terre d’accueil, un carrefour à vocation commerciale avec une grande mobilité des personnes dans un contexte sécuritaire complexe. Cette situation fait de notre province un espace d’opportunité, mais également un espace de vulnérabilité accrue face aux menaces sanitaires et sécuritaires. », déclaré le général-major Gaby Kasongo, gouverneur militaire de l’Ituri.
S’appuyant sur les données de l’Institut national de santé publique, il a souligné l’ampleur de la situation : « Nous avons 28 zones de santé touchées sur 36. On enregistre 3 814 cas confirmés et 2 061 décès. Dans ce tableau sombre, on a quand même de bonnes nouvelles avec 886 personnes guéries », a ajouté l’autorité provinciale.
Le Dr Gisèle Mbuyi, représentant le Groupe d’urgence de santé publique, a insisté sur la nécessité de replacer la population au cœur de la stratégie : « La maladie à virus Ebola ne constitue pas uniquement une urgence sanitaire. Elle représente également un défi communautaire, social, humanitaire et sécuritaire qui nécessite une mobilisation coordonnée de l’ensemble des acteurs locaux, nationaux et internationaux. »
Revenant sur les leçons du passé, elle a mis en garde contre une approche exclusivement médicale : « L’expérience des différentes épidémies que la RDC a connues nous a appris une leçon très importante : les interventions médicales, aussi performantes soient-elles, ne peuvent pas à elles seules interrompre la chaîne de transmission. »
De son côté, l’expert en gouvernance de crise Léopold Gnonke a mis en avant la primauté de la confiance et du dialogue social : « La confiance est le premier vaccin contre la peur. Lorsque les doutes s’installent, lorsque les rumeurs vont plus vite que la vérité, lorsque les équipes de riposte sont perçues comme des imposteurs et des étrangers par nos communautés, alors nous donnons l’occasion au virus de gagner du terrain et de se propager dans nos familles. »
Il a annoncé le déploiement imminent de dix volontaires communautaires recrutés par les Nations unies : « Dix volontaires communautaires seront déployés dès la semaine prochaine dans les communautés. »
Leur mission consistera à « appuyer les autorités locales, les chefs coutumiers, les leaders communautaires, les organisations de la société civile et l’ensemble des acteurs locaux dans la riposte non médicale ».
À l’issue de cet atelier d’une journée, organisé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) sous le haut patronage du gouverneur de province, une feuille de route détaillée sera validée afin de structurer les interventions, clarifier les responsabilités de chaque acteur et mettre en place un mécanisme rigoureux de suivi et de suivi des rapports.ACP/MK

