Kisangani, 14 octobre 2026 (ACP).- Les difficultés logistiques ont été évoquées parmi les défis à relever pour la riposte contre la maladie à virus Ebola, dans la province de la Tshopo, au nord-est de la République démocratique du Congo, a indiqué mardi le ministre provincial de la Santé, dans une déclaration faite à l’ACP.
» Le ministre provincial de la Santé a dressé un état des lieux de la riposte contre l’épidémie dans une d’Ebola. Il a notamment évoqué les difficultés logistiques, la perméabilité des points de contrôle et la nécessité de renforcer la collaboration entre les autorités nationales et provinciales afin d’endiguer la propagation de la maladie« , a déclaré le Dr Simon Bokongo.
D’après lui, la province de la Tshopo était initialement entrée dans la phase de préparation afin de prévenir la propagation de l’épidémie au-delà de ses frontières.
Dans ce cadre, des dispositifs de surveillance ont été mis en place aux principaux points d’entrée, notamment au poste de contrôle d’Avakubi, dans le territoire de Bafwasende et au PK21, sur la route de Lubutu.
D’autres points de contrôle ont été également identifiés, notamment au PK23, sur la route nationale numéro 4 (RN4), au port de l’ONATRA ainsi qu’à l’aéroport de Bangboka, à Kisangani.
Toutefois, le Dr Simon Bokongo a souligné les limites de ces dispositifs, estimant que la perméabilité des points d’entrée continue de compliquer les efforts de riposte.
« Malgré la présence des services d’ordre et de sécurité au niveau des points de contrôle, ces endroits sont restés perméables, les malades, les corps sans vie passent et c’est ce qui fait qu’il y ait la propagation des cas autochtones, alors que notre objectif était de stopper l’épidémie« , a déclaré le ministre provincial de la Santé.
Parmi les principaux défis auxquels la province est confrontée, le Dr Bokongo a relevé l’insuffisance des moyens logistiques, particulièrement les difficultés d’accès aux équipements de protection individuelle (EPI) et aux intrants nécessaires à la prévention communautaire.
Il a également déploré la centralisation de la riposte au niveau national, tout en reconnaissant l’appui du gouvernement central et de ses partenaires techniques et financiers.
Selon lui, cet accompagnement demeure néanmoins insuffisant au regard des besoins exprimés sur le terrain.
<<L’implication de l’autorité provinciale est restée seulement au niveau protocolaire. Du point de vue administratif, le ministère national de la santé travaille exclusivement avec la division provinciale de la santé avec l’appui des partenaires, sans prendre en compte l’autorité provinciale. Ce dernier n’est impliqué que s’il faut lancer des activités et rien d’autres. Le ministère provincial devrait avoir aussi des moyens d’organiser certaines activités de riposte. C’est qui ne pas le cas« , a dit le patron du recteur de la santé dans la Tshopo.
Pour améliorer l’efficacité de la riposte et freiner la propagation de l’épidémie, le Dr Simon Bokongo a préconisé un renforcement de l’approvisionnement en intrants de prévention et en équipements de protection individuelle, ainsi qu’une implication accrue des hôpitaux privés dans la lutte contre Ebola.
<<Aujourd’hui dans la Tshopo, nous vons identifié deux foyers de propagation de la maladie à virus Ebola. Il s’agit des hôpitaux privés dont le cas de Desmet Hospital mais aussi, la route nationale numéro 4 (RN4) >>, a-t-il révélé.
Le ministre provincial de la Santé a insisté également sur le rôle des médias dans la sensibilisation de la population, afin qu’ils soient pris en compte, y compris les organisations non gouvernementales du secteur et la santé. Mais aussi, il a plaidé pour une collaboration plus étroite entre le ministère national de la Santé et le gouvernement provincial de la Tshopo.
Pour lui, une meilleure coordination des interventions, accompagnée de moyens logistiques suffisants et d’une mobilisation de tous les acteurs concernés, constitue un levier essentiel pour rendre la riposte plus efficace et limiter la propagation de l’épidémie dans la province.
ACP/KIS/B.

