Les causes de la flambée de la conjonctivite à Kinshasa expliquées

Kinshasa, 05 janvier 2024 (ACP).- Les causes de la flambée de la conjonctivite, une pathologie qui touche les yeux, dans la ville de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, ont été expliquées vendredi par un ophtalmologue, au cours d’un entretien.

« La conjonctivite est une inflammation ou une irritation de la conjonctive de l’œil, la membrane muqueuse transparente tapissant l’intérieur des paupières. Il y a plusieurs types de conjonctivites : la conjonctivite infectieuse liée à des germes tels que des bactéries, des virus et des parasites ; la conjonctivite allergique liée à une irritation de la conjonctive par une substance chimique et la conjonctivite hémorragique, plus connue sous le nom de ‘’Apollo’’ », a expliqué le Dr Lukombo Wangana, ophtalmologue au centre ophtalmologique de Masina à Kinshasa.

Cette pathologie dont la contagion est très rapide suscite des inquiétudes à Kinshasa. Ces derniers temps, des médecins sont confrontés à de nombreux cas d’irritation des yeux qui sont rouges, larmoyants et parfois douloureux. Les yeux rouges cachés par les lunettes noires, mouchoirs à la main, on voit des personnes de tous les âges qui disent être atteints de la conjonctivite endémique hémorragique tropicale appelée communément ‘’Apollo’’, même si toute conjonctivite n’est pas forcément ‘’Apollo’’, a encore dit le Dr Lukombo.

« C’est une sorte d’irritation dont les causes sont diverses puisque la conjonctive qui a pratiquement la même nature que la peau, est exposée à l’air libre et s’irrite facilement. Parmi ces causes, il y a des causes traumatiques dues à la fumée, à la poussière, à un accident de circulation. Les plus grandes causes  sont infectieuses et dues aux bactéries, aux virus, aux parasites et aux champignons. La conjonctivite que nous remarquons actuellement est infectieuse. Son mode évolutif fait penser à la conjonctivite virale car on observe l’absence de pue au niveau de l’œil. S’il s’agissait des bactéries, on allait observer beaucoup de pues dans les sécrétions. Actuellement, le potentiel de la maladie existe. Il y a eu de nombreux cas ces derniers temps », a fait savoir le Dr Lukombo.

La contagion de la maladie est très facile

L’entérovirus a un potentiel épidémique très fort si bien qu’on peut contracter très facilement la maladie. Par exemple, quand on est en contact avec un malade d’Apollo et qu’on se frotte les yeux sans les désinfecter, on est exposé à contracter la maladie. C’est la même chose quand on feuillette un journal ou quand on utilise les mêmes objets que le malade.

Parfois le malade a très mal, mais la maladie évolue normalement sur une ou deux semaines et tout entre dans l’ordre sans traitement : la rougeur diminue, les démangeaisons et les larmoiements aussi. On peut utiliser le Dacryosérum pour nettoyer les yeux et aussi des calmants (anti-inflammatoires) si le malade se plaint de fortes douleurs. Jusqu’aujourd’hui, il n’y a pas de traitements curatifs pour l’Apollo, la maladie évolue naturellement et le malade est guéri. Certaines pratiques traditionnelles pour soigner la maladie (usage du citron dans les yeux, des urines, du lait maternel, de l’alcool, des excréments de poulets, etc.) peuvent conduire à des complications notamment à la perforation de la cornée.

Par ailleurs, une mauvaise hygiène, un état de santé précaire comme la malnutrition chez les enfants peuvent aussi favoriser une complication de la conjonctivite Apollo. En général, au bout de deux semaines, tout rentre dans l’ordre et sans séquelles. On ne peut pas agir sur le cycle évolutif d’Apollo. Par contre, si une complication se présente, on peut la soigner.

« Il est recommandé d’éviter d’être en contact avec une personne atteinte d’Apollo car par mégarde, on peut se frotter les yeux sans se désinfecter les mains ; par conséquent, on contracte aussi la maladie », a-t-il conclu. ACP/ODM

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