Kinshasa, 6 janv. 2026(ACP).- Depuis la 30ème Conférence des Nations Unies sur le climat (COP30) tenue à Belém au Brésil du 10 au 21 novembre 2025, la République démocratique du Congo (RDC) a centré son agenda sur sa reconnaissance mondiale comme “Pays-solution » au changement climatique, dont la pression, notamment diplomatique devrait s’intensifier en 2026 dans le cadre de sa lutte visant à gagner le pari.
Au-delà de cette quête de reconnaissance internationale, le pays est appelé à chercher des partenaires capables de financer des initiatives clés, à l’instar du programme « La Forêt, c’est nous » et le projet « Couloir Vert Kivu-Kinshasa », consistant en la restauration forestière, du marché du carbone et au soutien aux communautés locales.
Grâce à ses forêts immenses (60% des forêts du Bassin du Congo) et à ses tourbières, le pays va continuer à plaider en faveur de la justice climatique et de la conversion de la dette en investissements climatiques.
Lancé officiellement en 2025, le programme national de foresterie, « La Forêt, c’est Nous », une initiative de 5 milliards de dollars américains, constitue pour la RDC en 2026, une réponse intégrée et opérationnelle aux engagements internationaux pris dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat, de la Convention sur la diversité biologique (CDB) et de Bonn Challenge/AFR100 (initiative de restauration des paysages forestiers africains). Ce programme est également un outil structurant de mobilisation des financements internationaux.
Pour le gouvernement congolais, ce programme vise à atteindre les résultats majeurs suivants : la restauration avec 8 millions d’hectares dégradés restaurés, dont 25 % en agroforesterie et vergers, et la plantation de 5 milliards d’arbres , avec un taux de survie de plus ou moins 80 %.
Il vise également la création de 1,5 à 2 millions d’emplois, dont 40 % dédiés aux jeunes et aux femmes, ainsi que l’implémentation de 3 initiatives carbones certifiées.

La RDC sur le programme « Couloir vert Kivu-Kinshasa » en 2026
En novembre 2025, la RDC a lancé le programme « Couloir vert Kivu-Kinshasa », une initiative majeure du Chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Ce projet, qualifié d’« unique au monde », établit une nouvelle référence mondiale en matière de conservation. D’une superficie colossale de 540 000 km², il devient la première et la plus grande aire protégée du monde, dépassant les trois plus importantes aires protégées existantes au Brésil.
L’initiative vise à concilier développement durable, développement économique local et conservation à grande échelle. La ministre congolaise de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Economie du climat, Marie Nyange, a relevé le double objectifs de l’initiative : « Le Chef de l’État a lancé cette initiative premièrement pour améliorer les conditions de vies des communautés locales et des peuples autochtones. Le Président de la République l’a voulu aussi pour relier l’Est et l’Ouest de la République. »
A la COP30 à Belém, la RDC n’a pas obtenu la « justice climatique » de manière absolue, mais le pays a fortement plaidé sa cause et obtenu des avancées significatives en tant que « Pays-solution », dénonçant l’écocide et réclamant des financements justes, tout en lançant ses propres initiatives, notamment le couloir vert Kivu-Kinshasa.
Au regard de ses importants atouts en présence en matière environnementale sur le plan mondial, l’espoir est permis qu’un jour le combat de la RDC en faveur de sa reconnaissance comme « Pays- solution » connaisse un dénouement heureux.ACP/

