Kinshasa, janv. 2026 (ACP).- Lancée officiellement en 2024 à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), à l’initiative du Président Félix Tshisekedi, la gratuité des accouchements et des soins du nouveau-né dans le cadre du programme « Couverture santé universelle » (CSU) est bien partie pour s’étendre à d’autres provinces du pays en 2026.
L’effectivité de la CSU est le soubassement de tous les projets du secteur de la santé en RDC. Il s’agit d’un projet stratégique du gouvernement de la République qui vise à garantir l’accès aux soins de santé à toutes les couches de la population sans aucune barrière financière.
Ce programme garantit à chaque congolais, partout où il se trouve, l’accès à des services de santé essentiels de qualité, tels que la prevention, le traitement, la réadaptation, sans être soumis aux obligations financières. Donc, gratuitement.
Pour ce faire,l’année 2026 va être déterminante pour aller plus loin dans l’accès équitable aux soins de santé en RDC, selon le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance et sociale qui l’a dit le 28 décembre 2025 dans un message à la population congolaise.
Une autre perspective sanitaire en 2026, c’est l’introduction par le gouvernement, avec l’appui de ses partenaires traditionnels, dans le calendrier vaccinal de la RDC , du vaccin contre le cancer du col de l’utérus pour les enfants de 9 à 14 ans, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus cible les papillomavirus humains (HPV), responsables de plus de 90 % des cas. Recommandé pour filles et garçons de 9 à 14 ans (2 doses), il réduit le risque de cancer jusqu’à 80-90 %. Efficace, sûr et bien toléré, il est idéalement administré avant le début de la vie sexuelle.
En 2026, la RDC va également poursuivre l’introduction dans plusieurs provinces du vaccin contre le paludisme pour les enfants de 6 à 23 mois. L’introduction de ce vaccin a débuté à la fin de l’année 2024 dans la province du Kongo Central (phase pilote), suivi de son déploiement en 2025 dans 10 provinces considérées comme prioritaires : Kinshasa, Kwango, Kwilu, Nord-Ubangi, Sud-Ubangi, Tshuapa, Equateur, Ituri, Haut-Uele et Nord-Kivu. En 2026, le déploiement du vaccin contre le paludisme va se poursuivre dans d’autres provinces car la RDC en compte 26.
Le pays envisage de se doter au cours de cette même année, de son premier centre de cancérologie dont la création a été annoncée par le Président de la République dans son discours sur l’état de la Nation devant les deux chambres du Parlement.
Prendre des précautions pour prévenir et éviter des épidémies à répétition
En 2025, la RDC a été secouée par plusieurs épidémies dont les plus en vue ont été celles de maladie à virus Ebola (MVE), de choléra, de Mpox (variole simienne), de rougeole et de poliomyélite (virus dérivés de la souche vaccinale car le poliovirus sauvage ne circule plus en Afrique).
Le renforcement de la vaccination de routine en RDC est un des moyens efficaces de prévenir et d’éviter des épidémies de maladies évitables par la vaccination, telles que la rougeole et la poliomyélite.
Ces épidémies surviennent surtout dans des contrées où les taux de couverture vaccinale sont faibles. La vaccination de routine concerne les enfants de moins de 5 ans qui doivent répondre au moins à 6 rendez-vous pour être vaccinés contre 11 maladies (tuberculose, poliomyélite, diphtérie, tétanos, coqueluche, hépatite virale B, méningite, pneumonie, diarrhée à rotavirus, rougeole et fièvre jaune) jusqu’à l’âge 15 mois. Il a été constaté que de nombreuses mères ne respectent pas les rendez-vous de vaccination de leurs enfants qui sont ainsi en conflit avec le calendrier vaccinal. Ces enfants ne sont donc pas suffisamment protégés contre plusieurs maladies. C’est donc un facteur qui favorise la survenue des épidémies.
La RDC fait partie des pays où le nombre d’enfants à zéro dose reste le plus élévé au monde. Selon les estimations de l’OMS et de l’Unicef, 658.000 enfants n’avaient reçu aucune dose de vaccin en 2023, un chiffre ramené à 592.000 en 2024.
Concernant les épidémies à repetition d’Ebola en RDC, un expert abordé par l’ACP peu après la fin de l’épidémie qui a sévi dans la zone de santé rurale de Bulape au Kasaï, a fait quelques recommandations. Il s’agit du Dr Germain Kapour, éco-épidémiologiste, expert en santé des écosystèmes et chercheur à l’Institut One Health pour l’Afrique (INOHA) de l’Université de Kinshasa. Pour lui, après la fin de l’épidémie d’Ebola, plusieurs mesures post-épidémiologiques doivent être prises pour sécuriser la zone affectée et prévenir toute resurgence ou le retour du virus.
Il faudra maintenir le système de surveillance renforcée pendant au moins 3 mois après la fin officielle de l’épidémie pour détecter rapidement tout cas ou foyer éventuel.
C’est ce qui est fait dans la zone de santé de Bulape au Kasaï. Il a aussi recommandé un suivi épidémiologique et biologique des contacts des cas confirmés et des survivants. Il est nécessaire de procéder au renforcement des vacances v capacités du personnel de santé par des formations régulières sur cette maladie.ACP/

