Bunia : trois mois après Ebola, les transporteurs peinent à retrouver leurs recettes

Bunia, 15 août 2026 (ACP).– Les chauffeurs de transport en commun et les conducteurs de taxis-motos de Bunia, en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, ont déploré samedi auprès de l’ACP la baisse de leurs recettes journalières, trois mois après la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola.

« Au début de l’épidémie, particulièrement durant les mois de mai et juin, notre situation était extrêmement difficile. Les gens étaient plongés dans la peur et beaucoup évitaient de prendre les taxis ou les motos par crainte d’être contaminés », a déclaré Paul Uweci, chauffeur de taxi-bus.

Et d’ajouter : « Cela avait fortement réduit le nombre de passagers et nos recettes journalières avaient considérablement baissé. Nous pouvions travailler toute la journée sans parvenir à réaliser un chiffre d’affaires suffisant ».

« Avec la psychose qui régnait à cette période, les déplacements de la population avaient diminué et cela se ressentait directement sur notre travail. Nous avions le carburant, l’entretien du véhicule et plusieurs autres dépenses à supporter, alors que les recettes devenaient de plus en plus faibles », a expliqué Pascal Musubao, un autre chauffeur de taxi-bus.

Pour les transporteurs, a-t-il poursuivi, « cette situation était devenue très difficile, car notre revenu dépend essentiellement du nombre de clients transportés chaque jour ».

« Depuis le mois de juillet et durant ces dernières semaines d’août, nous constatons quand même une petite amélioration. Les gens commencent progressivement à réutiliser les taxis-motos et les transports en commun. Cela nous permet d’avoir davantage de clients et nos recettes commencent à remonter un peu, même si elles restent encore faibles par rapport à la période précédant l’épidémie », a indiqué François Mastaki, conducteur de taxi-moto.

« Malgré cette reprise, nous travaillons encore presque à perte, parce que les recettes journalières ne couvrent pas toujours nos dépenses », a-t-il fait savoir.

« Nous demandons aux autorités et aux équipes de la riposte de poursuivre la sensibilisation afin de rassurer la population et de rappeler les mesures de prévention contre Ebola, notamment le lavage régulier des mains, l’évitement des contacts à risque et le signalement rapide des cas suspects », a-t-il plaidé.

« Nous demandons aussi à la population de ne pas céder à la peur, mais de rester vigilante. Il faut continuer à utiliser les moyens de transport tout en respectant les mesures d’hygiène. Si les gens sont bien informés et connaissent les gestes à adopter, ils peuvent se déplacer normalement, ce qui nous permettra de reprendre progressivement nos activités », a émis comme vœu Pascal Musubao.ACP/JoHB

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