Cancer de la bouche: l’inaccessibilité aux soins spécialisés, un défi à relever (un spécialiste)

Kinshasa, 24 mars 2026 (ACP).- Le manque d’accessibilité aux soins spécialisés et de la sensibilisation ont été évoqués comme des défis à relever dans la prise en charge du cancer de la bouche, par un stomatologue (médecin-chirurgien spécialiste), au cours d’un entretien lundi à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC). « Le manque d’accessibilité aux soins et de la sensibilisation sont des majeurs défis à relever dans la prise en charge du cancer de la bouche. Cette dernière est une maladie où certaines cellules de la bouche deviennent anormales et se multiplient de façon incontrôlée », a soutenu le Dr Frédéric Dilu, stomatologue et chirurgien maxillo-faciale aux Cliniques Universitaires de Kinshasa (CUK). « La population doit savoir que toute plaie dans la bouche qui ne guérit pas en deux semaines, doit alerter et amener à consulter. Et aussi, le meilleur traitement du cancer, c’est la prévention et le diagnostic précoce », a ajouté le

spécialiste. Pour le Dr Dilu, également secrétaire général de la Société congolaise de stomatologie, chirurgie maxillo-faciale et chirurgie orale (SCOS-CMF-CO), le tabac en est un autre facteur de risque principal du cancer de la bouche. « À cela s›ajoute d›autres facteurs comme : l’alcool, surtout s’il est associé au tabac, une mauvaise hygiène bucco-dentaire, des infections au Human papillomavirus ou HPV, des irritations chroniques, telles que les dents cassées, les prothèses mal adaptées », a-t-il alerté. Il a laissé entendre que ce cancer peut toucher la langue, les gencives, les lèvres, le palais ou l’intérieur des joues. Sa prévention consiste d’arrêter le tabac, de diminuer l’alcool, d’adopter la bonne hygiène bucco-dentaire, de consulter un stomatologue ou un dentiste au moins deux fois par an. En RDC, a-t-il précisé, le cancer de la cavité buccale est encore sous-diagnostiqué du fait que beaucoup de patients qui n’ont pas accès aux soins à cause du manque des moyens et du manque d’information, ceux qui se font consulter arrivent déjà à un stade avancé. Le médecin chirurgien spécialisé dans le traitement des pathologies de la bouche, des dents, de la mâchoire et de la face a, à cette occasion, appelé à l’Etat de renforcer la sensibilisation auprès de la population pour de dépistage précoce, d’améliorer l’accès aux soins spécialisés, d’équiper les hôpitaux (radiothérapie, chirurgie) et de former plus de spécialistes. La Journée mondiale de la santé bucco-dentaire a été célébrée le 20 mars dernier, sous le thème : « Une bouche saine pour une vie heureuse ». En RDC, le mois de mars est dédié à la sensibilisation aux cancers.ACP/

Fil d'actualités

Sur le même sujet