Kinshasa, 17 octobre 2026, (ACP).- Le syndrome de vision informatique (SVI), les amétropies en milieu scolaire ainsi que les causes évitables de cécité infantile ont été au centre des échanges des travaux de la deuxième et dernière journée du 23ᵉ congrès de la Société congolaise d’ophtalmologie (SCO), samedi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
«En se basant sur de différentes revues et méta-analyses notamment par Ombesu en 2023, Leon Fugueira en 2024, et Pucker, le syndrome de vision informatique touche une part importante de la population», a déclaré le Dr Sabihene, intervenante à la deuxième journée du congrès.
Au cours des sessions scientifiques, plusieurs chercheurs et praticiens de la sous-région ont tiré la sonnette d’alarme sur l’évolution des pathologies oculaires, particulièrement chez les enfants et les professionnels exposés aux outils numériques.
Sur le plan professionnel, le Dr Sabihene s’est penché sur le SVI. Elle a rappelé que cette maladie touche près de 66% de la population mondiale et jusqu’à 75% aux États-Unis, provoquant sécheresse oculaire, vision floue et diplopie.
Pour y remédier, l’experte a recommandé l’application de la règle ergonomique «20-20-20», consistant à faire une pause de 20 secondes toutes les 20 minutes en fixant un point situé à 6 mètres.
«Le port de lunettes adaptées par rapport à la luminosité et le conseil sur l’ergonomie du travail», a-t-elle recommandé.
Présentant une étude menée à Brazzaville, le Dr Toli a révélé que 11% des élèves des écoles privées de la capitale de la République du Congo souffrent de myopie, touchant majoritairement les filles à hauteur de 67,5%, âgées de 6 à 11 ans.
«Un temps d’exposition extérieure inférieur à 30 minutes par jour constitue un facteur de risque majeur, alors que la limitation de la lecture numérique demeure un protecteur efficace», a-t-il conseillé.
Amétropies et cécité infantile De son côté, le Dr Bitemo a abordé les amétropies en milieu scolaire qu’il a identifiées comme la première cause de consultation en ophtalmologie pédiatrique à Brazzaville et responsables de 43% des déficiences visuelles chez les élèves.
L’astigmatisme représente 52,9% des cas, suivi de l’hypermétropie 43,5% et de la myopie 5,3%. Elle a, par ailleurs, indiqué qu’une prise en charge adéquate par le port de lunettes améliore sensiblement les performances scolaires.
Abordant la situation à Kinshasa, le Dr Dingalele a présenté une étude intitulée : «Cause de déficiences visuelles chez les élèves des écoles pour aveugles à Kinshasa», révélant que 65% des élèves souffrent de cécité totale et 15% de malvoyance.
Elle a déploré que 62% des cas recensés soient attribuables à des causes évitables ou curables, telles que la cataracte, le glaucome et les malformations du globe oculaire, rappelant qu’à l’échelle globale, environ 500. 000 nouveaux cas de cécité infantile sont enregistrés chaque année.
Le Dr Bukasa, à pour sa part intervenu sur le Syndrome d’histoplasmose oculaire présumé (POHS), qui est une affection rétinienne liée à l’exposition au champignon Histoplasma capsulatum.
L’apport des technologies d’imagerie moderne notamment l’OCT et l’OCT-A dans le diagnostic différentiel des choroïdites et la prise en charge par injections intravitréennes d’anti-VEGF a été mis en lumière par l’intervenant. ACP/

