Kinshasa, 13 novembre 2025 (ACP).- Un appel à financer les forêts et les peuples qui les protègent a été lancé par l’Ong internationale « Greenpeace Afrique », à l’occasion de la (Cop 30) qui se tient du 10 au 21 novembre à Belém, au Brésil, selon un communiqué consulté jeudi à l’ACP.
« De Kinshasa à Belém, notre message est clair : pour que l’objectif de 1,5 °C soit réaliste pour l’Afrique, il faut financer les forêts et les peuples qui les protègent. L’argent doit arriver sur le terrain, là où il fait la différence », a déclaré Murtala Turay, directeur des programmes de Greenpeace Afrique cité dans le communiqué. « Les forêts sont une priorité vitale. Le Tropical Forests Forever Facility (TFFF) doit reposer sur des dons, pas des prêts. Au moins 20 % des fonds doivent aller directement aux peuples autochtones et aux communautés locales, avec un plan de mise en œuvre dans les 12 prochains mois », a-t-il dit.
« Le financement n’a d’impact que si on arrête les destructions. Pas de nouveaux projets pétroliers ou gaziers dans le Bassin du Congo. Pas d’exploitation agricole, minière ou forestière industrielle dans les forêts intactes. Protégeons les tourbières. Le Fonds pour les pertes et dommages doit fonctionner dès maintenant, et être financé selon le principe du pollueur-payeur, notamment grâce à une taxe sur les surprofits des industries fossiles », a ajouté M. Murtala.
Selon la source, si Belém veut entrer dans l’histoire, cette Cop doit être celle de l’action et de la mise en œuvre, en transformant les promesses en trajectoires, l’espoir en planification et le leadership en responsabilités partagées. « À Belém, Greenpeace demande, notamment un plan de réponse globale pour combler l’écart vers l’objectif 1,5 °C et accélérer les réductions des émissions dès cette décennie ; un plan d’action “Forêts” sur 5 ans pour renverser à la déforestation d’ici 2030 ; des avancées sur les engagements financiers des pays développés, notamment à travers le principe “pollueur-payeur ” pour financer la réduction des émissions, l’adaptation, les pertes et préjudices dans les pays en développement », a insisté la source.
Tracy Carty, experte des politiques climatiques à Greenpeace International, cité dans le même communiqué, a déclaré que dans un contexte géopolitique chaotique, la Cop 30 doit montrer que l’unité mondiale et l’engagement multilatéral pour le climat restent la seule voie de sortie. « Les objectifs d’émissions pour 2035 dérapent dangereusement et les alertes sur un possible dépassement du seuil de 1,5 °C se multiplient. Les gouvernements doivent regarder cette réalité en face et combler l’écart d’émissions qui se creuse en prenant des mesures décisives sur les énergies fossiles, afin de garder l’objectif de 1,5 °C à portée », a-t-elle relevé. « Ici à Belém, l’histoire peut s’écrire. Mais seulement si nous nous engageons à faire de la Cop 3,0 une Cop à la hauteur de l’enjeu. C’est maintenant », a conclu la source. ACP/

