Kinshasa, 16 novembre 2025 (ACP).- La création d’un bloc stratégique pour le marché carbone, réunissant la République démocratique du Congo, l’Indonésie et le Brésil, a été samedi, au menu d’une réunion diplomatique entre la ministre congolaise de l’Environnement et son homologue indonésien, selon un communiqué parvenu dimanche à l’ACP.
« Cet entretien visait principalement à concrétiser l’initiative de former une organisation tripartite réunissant la RDC, le Brésil et l’Indonésie. Ces trois nations, abritant les plus vastes forêts tropicales de la planète, envisagent la création d’un bloc stratégique pour le marché carbone, structuré sur le modèle de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole(OPEP) », a-t-on lu dans le communiqué du Ministère de l’Environnement, développement durable et nouvelle économie du climat.
Selon la source, l’objectif de ce bloc est de renforcer la position des pays tropicaux sur le marché mondial du carbone.
« En mutualisant leurs données et leurs stratégies, les trois pays visent à : réguler le marché du carbone pour leurs crédits forestiers, à harmoniser les prix des crédits pour garantir une juste rémunération de leurs services environnementaux et à échanger des informations scientifiques et économiques », a-t-elle précisé.
La question de la protection des tourbières (écosystèmes cruciaux pour le stockage du carbone) a également été soulevée, notamment dans le cadre du projet ITBC (Initiative pour le Bassin du Congo Tropical) issu de la Déclaration de Brazzaville.
L’Indonésie a sollicité le soutien de la RDC pour une déclaration tripartite renforcée sur la protection de ces zones humides.
La Ministre Marie Nyange Ndambo a, à son tours, confirmé l’engagement de la RDC, soulignant que le pays possède également d’importantes tourbières. Elle a proposé que le cadre tripartite (Brésil, RDC, Indonésie) soit étendu pour soutenir toutes les initiatives concernant la conservation des tourbières, la protection de la biodiversité, et la gestion durable des forêts.
« L’initiative de ce bloc est une étape stratégique cruciale. Notre objectif est de transformer notre rôle de « poumon vert » mondial en un levier économique et social juste, en nous assurant que nous obtenions les avantages équitables sur le marché carbone pour pouvoir financer la protection de nos forêts et de nos communautés», a-t-elle dit.
La Ministre de l’Environnement a également confirmé la signature imminente d’un Protocole d’accord avec le Brésil portant sur l’échange scientifique, la recherche, et le partage d’expériences et d’études entre le Bassin du Congo et l’Amazonie.
Une réunion ministérielle est prévue en début de semaine prochaine. Le Brésil souhaiterait y faciliter les mécanismes de paiement pour les Services Environnementaux (PSE), visant à financer les communautés locales qui protègent l’environnement et à garantir le financement durable de la protection forestière. L’Indonésie a confirmé sa participation à cette rencontre.
ACP/C.L.

