Kinshasa, 21 juin 2026 (ACP).- Les jeunes et les couples ont été appelés samedi à connaître leur groupe sanguin et leur statut électrophorétique avant tout engagement matrimonial, lors d’une conférence d’échange sur la drépanocytose, organisée dans une église à Limete, dans le centre de Kinshasa, en République démocratique du Congo.
« Ce n’est pas en vain qu’on m’a choisie pour parler de la drépanocytose, c’est parce que moi-même je suis drépanocytaire. La drépanocytose est la première maladie génétique héréditaire dans le monde. Les drépanocytaires vivent avec une anémie chronique. C’est la maladie de la douleur », a déclaré le Dr Louisette Kilemba, experte en santé publique.
Selon elle, la prise en charge de cette maladie reste confrontée à un manque de structures spécialisées suffisamment connues du public. Elle a cité notamment le Centre Mabanga (CMMASS) et l’hôpital Monkole parmi les établissements spécialisés à Kinshasa, estimant toutefois que de tels centres devraient exister dans chaque commune afin d’améliorer l’accès aux soins.
Le Dr Kilemba a expliqué qu’il existe des traitements permettant de soulager les crises douloureuses, tandis que la greffe de la moelle osseuse demeure actuellement le seul traitement susceptible d’éviter les crises. Elle a toutefois précisé que cette intervention ne modifie pas le patrimoine génétique du patient, qui peut toujours transmettre le gène de la drépanocytose à sa descendance.
Elle a également insisté sur la nécessité d’un suivi médical régulier assuré par des spécialistes. Parmi les mesures préventives recommandées figurent une bonne hydratation, la déshydratation étant l’un des principaux facteurs déclencheurs des crises.
Les parents invités à faire dépister les nourrissons
Par ailleurs, l’experte a exhorté les parents à faire dépister leurs enfants en présence de signes évocateurs de la maladie.
« Chez les nourrissons, les signes sont notamment les anémies à répétition, les douleurs au niveau des articulations et de l’abdomen, les essoufflements, la fatigue chronique ainsi que le gonflement des mains et des pieds. Un enfant de moins de deux ans qui présente ces symptômes doit être rapidement conduit dans un centre de dépistage », a-t-elle indiqué.
Le médecin a rappelé que les personnes atteintes de drépanocytose font généralement face à trois problèmes majeurs entre autre l’anémie chronique, les douleurs récurrentes et les infections répétées.
Abordant la question de la prise en charge, le Dr Kilemba a déploré l’absence de mécanismes de couverture sanitaire adaptés aux patients drépanocytaires en République démocratique du Congo.
« Malgré son statut de problème de santé publique, la drépanocytose bénéficie de peu d’attention. Les coûts de prise en charge restent lourds pour les familles, ce qui complique le suivi régulier des patients », a-t-elle regretté.
L’experte en santé publique a enfin souligné que la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose constitue une occasion importante pour informer, sensibiliser et soutenir les familles confrontées quotidiennement à cette maladie génétique.
Cette conférence d’échange sur la drépanocytose, les groupes sanguins et l’électrophorèse a été organisée par la Jeunesse-Tribu de Santé et le département des couples de l’Église La Compassion, sous le thème « Se connaître pour s’engager avec responsabilité », cette rencontre visait à sensibiliser la population sur les risques liés à la drépanocytose et sur l’importance du dépistage précoce.
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