Ebola constitue désormais une urgence humanitaire majeure (ministre des Affaires sociales)

Bunia, 19 juin 2026 (ACP).– L’épidémie d’Ebola déclarée dans la province de l’Ituri, épicentre de cette maladie dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), constitue désormais « une urgence humanitaire majeure », a dit jeudi la ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires, lors d’un briefing médias organisé jeudi à Bunia.

« Ebola constitue désormais une urgence humanitaire majeure qui n’avait pas été initialement prévue dans les projections », a alerté Ève Bazaiba.

Elle a rappelé que la gestion de cette crise « relève de la solidarité nationale et des mécanismes d’intervention soutenus par le ministère des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale ».
Selon elle, la RDC fait face à une crise de financement humanitaire sans précédent, avec environ 85 % des fonds traditionnels disparus suite au retrait des aides américaine et britannique.
Le Comité national de coordination des actions humanitaires (CNCAH) avait anticipé la gravité de la situation fin 2025.
Les estimations initiales dépassaient largement les capacités de prise en charge réelles du gouvernement et de ses partenaires.
«Nos estimations indiquaient qu’au moins 15 millions de Congolais auraient besoin d’une assistance humanitaire en 2026, sans tenir compte des situations survenues par la suite, notamment à Uvira », a déclaré la ministre d’État Bazaiba.

Face à l’impossibilité de couvrir l’ensemble des besoins, un ciblage strict a dû être opéré. « Nous avons donc identifié 7,3 millions de Congolais se trouvant dans des besoins humanitaires urgents, nécessitant une enveloppe d’environ 1,4 milliard de dollars américains », a-t-elle précisé.

Par ailleurs, la ministre Eve Bazaiba a indiqué que la mobilisation des ressources se heurte à un désengagement massif des deux principaux bailleurs de fonds historiques de la RDC. Ce double retrait asphyxie l’architecture humanitaire locale. « L’aide américaine n’est plus disponible (…) le Royaume-Uni a aussi réduit son appui. Or, l’aide américaine représentait près de 70 % du financement humanitaire en RDC, tandis que l’aide britannique en constituait environ 15 %. Cela signifie qu’environ 85 % de financements humanitaires traditionnels ne sont plus disponibles. »

Pour pallier ce déficit, Kinshasa s’est tourné vers de nouveaux partenaires économiques. L’Allemagne et d’autres nations ont répondu à l’appel, bien que les fonds ne soient pas encore directement accessibles pour l’Exécutif. « À ce jour, environ 417 millions de dollars sont mobilisés, mais ces fonds n’ont pas encore été transférés au gouvernement congolais », a-t-elle précisé.

Une concertation stratégique est prévue pour débloquer la situation : « Nous devons nous réunir avec les partenaires afin de définir les priorités d’intervention. »
Les données financières restent transparentes et « peuvent être consultées sur les plateformes de l’Ocha».
ACP/

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