Mongbwalu, 23 mai 2026 (ACP).– Le fait que dix-huit (18) cas suspects d’Ebola demeurent introuvables représente « une véritable bombe » pour la communauté, les familles et l’ensemble de la zone de santé de Mongbwalu, située à 85 km de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri(Nord-est de la République démocratique du Congo) a indiqué un responsable sanitaire lors d’un entretien exclusif accordé à l’ACP.
« C’est une véritable bombe pour la communauté, pour les familles et pour l’ensemble de la zone », s’est inquiété le médecin directeur de l’hôpital général de référence de Mongbwalu, Dr Richard Lokudi, après l’incendie par des inconnus des tentes destinées à la prise en charge des patients Ebola.
« La principale inquiétude concerne le devenir des cas suspects qui se sont échappés des structures de prise en charge. Nous craignons qu’il s’agisse de cas positifs. S’ils sont infectés, ils continueront à circuler dans la communauté, avec un risque de contamination et de décès », a-t-il fait savoir.
Dr Richard Lokudi a également mis en garde contre le risque de propagation de la maladie à travers des manipulations non sécurisées des corps.
« Les familles pourraient être amenées à manipuler des corps sans protection, ce qui favoriserait la contamination des contacts et la poursuite de la chaîne de transmission », a-t-il averti.
Par ailleurs, il a rassuré que les équipes médicales travaillent avec plusieurs partenaires du gouvernement de la République dans le cadre de la riposte afin de contenir la situation.
« Nous avons le soutien de Médecins Sans Frontières (MSF), de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), du ministère de la Santé, de la Division provinciale de la santé ainsi que d’Action contre la Faim », a-t-il déclaré.
Dr Richard Lokudi a aussi souligné les risques liés à la prise en charge des patients dans des structures non adaptées.
« Ces personnes peuvent se retrouver dans des centres de santé non préparés, où le personnel n’est ni formé ni protégé, ce qui augmente le risque de propagation », a-t-il relevé.
Il a ajouté que sur le terrain, les partenaires de la riposte sont déjà mobilisés pour renforcer la réponse sanitaire.
« Les centres de traitement sont en cours de mise en place et les équipes travaillent à l’organisation de la prise en charge des cas suspects et confirmés », a-t-il précisé.
Concernant les patients isolés, notamment ceux placés dans les centres de prise en charge, le responsable sanitaire évoque un climat d’anxiété. « La peur est toujours présente », a-t-il conclu, soulignant la fragilité psychologique des malades et du personnel soignant face à l’épidémie. ACP/

