Ebola en RDC : l’OMS s’inquiète d’une progression de l’épidémie plus rapide que la riposte

Kinshasa, 14 juillet 2026 (ACP).–L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte sur une progression du virus Ebola de souche Bundibugyo plus rapide que la riposte en République démocratique du Congo, appelant à une accélération des mesures sanitaires, dans un communiqué consulté mardi par l’ACP. 

« L’épidémie d’Ebola due à la souche Bundibugyo franchit un nouveau seuil d’inquiétude avec 1 926 cas confirmés et 702 décès au 11 juillet. Cette flambée est devenue la troisième plus importante jamais enregistrée. L’OMS met en garde contre une accélération de la transmission, notamment dans des communautés où des malades meurent sans avoir pu accéder aux soins », a-t-on lu.

Selon la même source, malgré les efforts des autorités congolaises, des partenaires internationaux et des communautés locales, la maladie progresse plus vite que la riposte. 

Cinq provinces sont désormais touchées, notamment l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo, soit 42 zones de santé.

« Les provinces du Haut-Uele et de la Tshopo, où se trouve la ville de Kisangani, ont récemment signalé de nouveaux cas. Mais l’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie, avec 26 zones de santé affectées, dont une dizaine considérées en situation « critique » », renchérit le communiqué.

En outre, de retour d’une mission de cinq jours à Bunia, dans l’Est de la RDC, le directeur exécutif du Programme de gestion des situations d’urgence sanitaire de l’OMS, cité dans ce communiqué, a salué les progrès accomplis, tout en soulignant que « des progrès sont réalisés, mais l’épidémie progresse trop rapidement et se propage à une trop grande échelle ».

L’OMS a enregistré ces derniers jours certains des bilans quotidiens les plus élevés depuis le début de la flambée, avec plus de 80 cas confirmés recensés en une seule journée, a-t-on rappelé.

De nombreuses personnes décèdent sans être prises en charge Par ailleurs, la même source a déploré que de nombreuses personnes décèdent chez elles sans avoir été prises en charge par le système de santé. 

En outre, 80 % des nouveaux cas recensés ne figuraient pas sur la liste de contacts, signe que la majorité des contaminations proviennent de chaînes de transmission encore inconnues.

Depuis sa précédente mission, quatre semaines plus tôt, le responsable de l’OMS a constaté des avancées significatives : plus de 700 lits d’hospitalisation sont désormais disponibles, 14 laboratoires sont opérationnels contre un seul auparavant, près de 80 % des contacts sont suivis et plus de 21 000 agents communautaires ont été formés.

La recherche progresse également

L’OMS et ses partenaires recrutent actuellement des patients dans le cadre d’un essai clinique destiné à identifier des traitements efficaces contre le virus Bundibugyo.

Parallèlement, l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), l’ONG ALIMA et leurs partenaires doivent lancer ce mardi un important essai clinique, baptisé EBO-PEP, pour évaluer l’efficacité d’une prophylaxie post-exposition reposant sur l’antiviral obeldesivir chez les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés.

Un déficit de financement de 70 millions de dollars Alors que la riposte s’intensifie, l’OMS prévient que les ressources financières restent très insuffisantes. Sur les 115 millions de dollars nécessaires pour soutenir les opérations, seuls 39 % ont été mobilisés, laissant un déficit d’environ 70 millions de dollars.

Ces financements sont indispensables pour renforcer la surveillance épidémiologique, les capacités de dépistage, la recherche des contacts, la prise en charge des patients, ainsi que le déploiement de nouveaux vaccins, traitements et outils diagnostiques susceptibles de freiner la transmission et de sauver des vies. ACP/M

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