Kinshasa, 4 septembre 2026 (ACP).– Les différences entre la souche Zaïre et celle de Bundibugyo de la maladie à virus Ebola ont été expliquées vendredi par un expert en santé publique internationale de la République démocratique du Congo(RDC), joint au téléphone depuis la Belgique par l’ACP.
« Les deux virus appartiennent à la même famille mais possèdent des profils génétiques différents avec un écart d’environ 40 %. Le virus Ebola Zaïre est plus virulent, avec un taux de mortalité de 60 à 90 % sans soins, tandis que le variant Bundibugyo est moins mortel à l’échelle individuelle, avec un taux de létalité estimé entre 30 et 50 % », a déclaré le Dr Gabriel Nsakala.
Le Dr Nsakala, qui est également expert en communication pour la santé, a fait savoir qu’il existe des vaccins et des traitements homologués, comme l’Inmazeb ou l’Ebanga, qui sont efficaces contre Ebola Zaïre.
En revanche, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est approuvé pour neutraliser directement la souche Bundibugyo.
« Du point de vue traitement, des progrès ont été faits pour la souche Zaïre : un médicament existe, des anticorps monoclonaux, et en plus de cela, un vaccin a déjà été mis au point pour protéger les communautés. Par contre, pour la souche Bundibugyo, il n’y a pas encore de vaccin », a-t-il ajouté.
Selon lui, le fait de ne pas disposer de vaccins préventifs ou de thérapies ciblées homologués au début de l’épidémie n’a pas facilité la tâche au personnel soignant, qui s’est retrouvé démuni pour réduire rapidement la mortalité des malades graves.
Par ailleurs, a souligné l’expert en santé publique, le contexte de propagation a été un facteur clé ayant permis à l’épidémie de se développer dans des zones marquées par des conflits armés, une forte activité minière et d’importants mouvements de population.
Tous ces facteurs réunis ont donc facilité la contamination à grande échelle. Hormis les différences, l’absence d’outils médicaux et le contexte de propagation, le Dr Nsakala a également relevé les difficultés auxquelles la riposte fait face sur le terrain pour éradiquer l’épidémie.
« L’insécurité, les attaques contre les centres de soins et la méfiance des communautés ralentissent le traçage des contacts et la prise en charge rapide des patients. Même si la maladie tue un pourcentage de personnes infectées inférieur à celui d’Ebola Zaïre, le nombre très élevé de personnes touchées fait grimper considérablement le nombre total de décès », a-t-il conclu.
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