Équateur : mission scientifique menée pour pallier au manque des données sur une rivière

Les hydrologues en mission scientifique

Kinshasa, 27 août 2026 (ACP)- Une mission scientifique visant à mesurer le débit de la rivière Ruki et à installer de nouvelles stations hydrométriques a été menée à Longa, à l’Equateur, à l’ouest de la République démocratique du Congo, par un centre de recherche pour pallier au manque de données, a appris mercredi l’ACP de source universitaire. 

 « On ne peut pas gérer ce qu’on ne connaît pas. On ne peut pas gérer l’eau sans connaître l’eau, l’enjeu fondamental de la mission scientifique qui se déroule dans le territoire d’Ingende, province de l’Équateur est de pallier au manque criant de données scientifiques pour la gestion durable de l’eau en République démocratique du Congo.», a déclaré le professeur Raphaël Tshimanga, directeur du Centre de recherche en ressources en eau du bassin du Congo (CRREBaC), et de l’École régionale de l’eau (ERE) de l’université de Kinshasa (Unikin).

Les hydrologues déployés dans le territoire d’Ingende, ont procédé à des relevés stratégiques sur ce cours d’eau majeur. 

Selon le professeur Tshimanga, la rivière Ruki affiche un débit spectaculaire de 2 720 mètres cubes d’eau par seconde en pleine période de basse eau (étiage).

« C’est presque l’équivalent du débit du fleuve Nil. Et ça, c’est à l’étiage. Si nous prenons des mesures à la crue, nous serions autour de 5 000 », a-t-il précisé.

Alimentée par les rivières Momboyo et Tshuapa, la Ruki draine une portion majeure de la cuvette centrale avant de se jeter dans le fleuve Congo, surpassant en volume des fleuves comme le Zambèze ou le Niger. Pourtant, la RDC ne dispose actuellement d’aucun plan d’aménagement ou de schéma directeur pour ces cours d’eau, suite à l’effondrement du réseau national qui est passé de plus de 400 stations hydrométriques à l’époque coloniale à moins de 15 stations opérationnelles aujourd’hui.

« C’est un travail historique que nous menons pour rétablir ce réseau avec l’appui de nos partenaires internationaux, notamment l’Initiative Science pour le Bassin du Congo (CBSI) », a indiqué le Docteur Benjamin Kitambo, chercheur associé. 

Pour le Docteur Djamel Kechnit, ces données serviront directement à concevoir des systèmes d’irrigation et à optimiser la gestion des ressources.

Les chercheurs ont  fait savoir que l’implantation de ces infrastructures à Longa poursuit  trois objectifs majeurs, à savoir : anticiper les risques d’inondation pour guider la navigation fluviale, évaluer les volumes d’eau alimentant les tourbières environnantes (puits de carbone mondiaux) pour sauvegarder le climat, et récolter des données de débit en vue de construire des micro-barrages hydroélectriques pour les populations locales.

Surplace, la communauté locale s’est engagée à sécuriser ces installations. Bruce Bostshinga, chef du groupement des Elinga et chef du village de Longa, a exprimé la satisfaction des riverains en ces termes: « Nous sommes très contents de l’installation de ces infrastructures dans notre village. Nous allons veiller sur elles car les chercheurs nous en ont expliqué leur bien-fondé ».

Le directeur du CRREBaC a rappelé que l’eau douce est une ressource hautement stratégique pour la RDC, au même titre que les forêts ou les minerais stratégiques comme le cobalt et le coltan.

Il a, à cet effet, plaidé pour une valorisation nationale de ces informations afin de transformer le patrimoine hydrique du bassin du Congo en un véritable levier de développement socio-économique. ACP/FN

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