Est de la RDC : pluies diluviennes et glissements de terrain annoncés en décembre

Kinshasa, 23 octobre 2026 (ACP).- L’Agence nationale de météorologie et de télédétection par satellite (Mettelsat) a tiré la sonnette d’alarme, mercredi , lors d’un briefing saisonnier à Kinshasa, face aux risques imminents de pluies diluviennes et de glissements de terrain dans l’Est de la République démocratique du Congo(RDC), sous l’influence du phénomène climatique El Niño, attendu avec un pic d’intensité en décembre prochain.

« Nous sommes en alerte orange. L’Est risque de connaître de fortes inondations et des éboulements de terrain. Trente à quarante pour cent de pluies de plus que la normale sont attendues. Les rivières Semliki et Rusizi risquent de déborder, et les collines de Goma et Bukavu peuvent glisser », a prévenu Théophile Izeyi, directeur d’exploitation météorologique de la Mettelsat.

Selon les prévisions présentées par cet expert, le réchauffement anormal des eaux de surface de l’océan Pacifique va engendrer une pluviométrie excédentaire de 30 à 40 % par rapport aux normales saisonnières dans les provinces orientales du pays, plaçant cette région en zone de vigilance critique.

De son côté, M. Adellard Mineene, directeur général intérimaire de la Direction générale de la protection civile (DGPC) du ministère de l’Intérieur, DGPC, a rappelé que le phénomène El Niño se traduit par une modification de la circulation atmosphérique influençant le régime des précipitations, tout en soulignant que ses impacts varient selon les spécificités régionales et locales.

Plus de 450 sites à haut risque cartographiés

Face à cette menace, la Protection civile, en collaboration avec la Croix-Rouge RDC, a d’ores et déjà cartographié plus de 450 sites à haut risque, principalement occupés par des habitations précaires érigées sur des versants instables ou à proximité des cours d’eau. Un appel pressant a ainsi été lancé aux populations concernées afin d’évacuer ces zones vulnérables :

​« L’alerte est lancée. La population qui vit dans les zones à risque doit partir maintenant. Il faut anticiper les inondations et les éboulements. Il ne faut pas attendre les dégâts pour agir », a déclaré M. Mineene.

S’inscrivant dans la ligne directrice de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) relative au renforcement des mécanismes d’alerte précoce, la DGPC articule sa stratégie autour de cinq axes prioritaires : le renforcement de la veille météorologique ; l’actualisation du plan de contingence ; la protection des populations et des infrastructures essentielles ; le développement de l’action anticipatoire et la préparation communautaire.

Ce briefing stratégique vise à relayer l’information jusqu’aux entités de base afin d’optimiser les mesures de prévention et d’atténuer l’impact des intempéries annoncées pour la fin de l’année.

Tenu au ministère de l’Intérieur à Kinshasa, cette rencontre a rassemblé des experts de la Mettelsat, des cadres de la Direction générale de la Protection civile (DGPC), des acteurs humanitaires et des professionnels des médias, dans le cadre des mesures de prévention contre les catastrophes naturelles. ​ACP/H M

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