Kinshasa, 20 septembre 2026 (ACP).- La Journée mondiale du contrôle de l’eau doit rappeler à toute l’humanité qu’on ne peut protéger efficacement que ce que l’on mesure, a déclaré samedi à l’ACP un environnementaliste, dans le cadre de la célébration de cette journée à Kinshasa, en République démocratique du Congo.
« La Journée mondiale du contrôle de l’eau doit nous rappeler qu’on ne peut protéger efficacement que ce que l’on mesure. Contrôler l’eau, c’est avant tout protéger la vie humaine. Une eau peut paraître propre, incolore et inodore, tout en contenant des bactéries, des parasites, des substances chimiques ou des métaux dangereux », a déclaré le Pr Augustin Ngé Okwe.
Selon lui, le contrôle permet de vérifier les paramètres microbiologiques, physico-chimiques et environnementaux, de détecter rapidement une contamination et de prévenir le choléra ainsi que d’autres maladies hydriques.
En RDC, cette surveillance est particulièrement importante en raison de l’urbanisation, des rejets domestiques et industriels, de certaines activités minières et agricoles, ainsi que de la vulnérabilité des rivières, des nappes souterraines, des lacs et des sources.
« La RDC est un pays exceptionnellement riche en ressources en eau, mais avoir beaucoup d’eau ne signifie pas automatiquement disposer d’une eau de qualité. Notre défi n’est donc plus seulement l’accès à l’eau, mais plutôt l’accès durable à une eau disponible, contrôlée, potable et sûre », a-t-il souligné.
Il a rappelé que la Loi relative à l’eau impose aux personnes qui produisent ou distribuent l’eau de consommation de s’assurer de sa conformité aux normes de potabilité.
« Contrôler l’eau, c’est contrôler ce que nous buvons, protéger notre santé et préserver les ressources des générations futures », a insisté l’expert, rappelant que cette journée vise à sensibiliser les citoyens et les institutions à la surveillance de la qualité des cours d’eau, des lacs et d’autres ressources hydriques.
Pour la RDC, cette journée célébrée le 18 septembre de chaque année est particulièrement pertinente.
Selon l’Enquête démographique et de santé (EDS-RDC 2023-2024), seulement 43 % de la population dispose d’au moins un service élémentaire d’eau de boisson.
L’enquête précise en outre qu’elle n’a pas mesuré la contamination fécale ou chimique, ce qui démontre l’importance de renforcer la surveillance de la qualité.
« Le véritable enjeu est que cette journée ne soit pas seulement symbolique ou protocolaire. Elle devrait devenir une journée d’action, notamment de prélèvements dans les rivières et les sources, d’analyses en laboratoire, de publication des résultats, de sensibilisation des communautés, des écoles et des entreprises, ainsi que d’identification des sources de pollution. Nous devrions passer de la célébration à la mesure, puis à la publication et à la correction pour protéger », a-t-il poursuivi.
Le Pr Ngé a appelé l’État, les provinces, les entreprises, les universités, les laboratoires et les citoyens à bâtir un véritable système national de surveillance de la qualité de l’eau. « Car contrôler l’eau, c’est protéger la santé, l’environnement et l’avenir de la RDC », a-t-il conclu. ACP/Kya./Dieng./Kapi./sp

