Kinshasa : 7 personnes sur 100 développent la maladie d’Alzheimer (un professeur)

Kinshasa, 22 septembre 2025 (ACP).- Une étude menée à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC) a révélé que sur 100 personnes âgées de 65 ans et plus, environ 7 sont atteintes de la maladie d’Alzheimer, selon un spécialiste qui s’est confié lundi à l’ACP en marge de la Journée mondiale de l’Alzheimer commémorée le 21 septembre de chaque année.

« La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui entraîne une détérioration progressive des cellules du cerveau et qui touche au moins 7 personnes sur 100 âgées de plus de 65 ans à Kinshasa. Elle est causée par l’accumulation de certaines protéines anormales, notamment la protéine amyloïde, qui se dépose dans le cerveau et provoque la dégénérescence de ses structures », a déclaré Jean Ikanga, professeur de psychiatrie à l’Université de Kinshasa (Unikin).

Les principaux facteurs de risque incluent l’âge avancé, la dépression non traitée, le syndrome métabolique (hypertension, diabète, obésité, accidents cardiovasculaires), a-t-il indiqué. « L’âge est l’un des facteurs déclencheurs de la maladie. Il y a aussi le faible niveau d’éducation et de stimulation intellectuelle, l’isolement social, les traumatismes, la consommation excessive d’alcool, la pollution de l’air, la déficience auditive et le tabagisme », a-t-il précisé. Les femmes sont plus touchées que les hommes, en partie parce qu’elles vivent plus longtemps et subissent des changements hormonaux importants après la ménopause. Selon le Pr Ikanga, ce phénomène est lié à l’hyper phosphorylation de la protéine tau, qui s’installe lentement dans le cerveau pendant dix à quinze ans. En conséquence, les neurones commencent à se détruire, empêchant la transmission normale des informations d’un neurone à l’autre. Cela entraîne des difficultés à apprendre de nouvelles choses et à mémoriser. On peut comparer cette dégénérescence à une ville dont les routes sont détruites : la circulation devient impossible.

Il a fait savoir que les personnes atteintes d’Alzheimer perdent progressivement la capacité de former de nouveaux souvenirs, de se rappeler des noms, des lieux ou des événements récents. Elles peuvent répéter les mêmes histoires, oublier où elles ont rangé leurs affaires, ou ne plus reconnaître leur maison, leur chambre ou leur quartier. Ce sont les premiers signes de la maladie, souvent accompagnés d’irritabilité.

Les étapes de la maladie évoluent en plusieurs phases, notamment le trouble neurocognitif léger. Ici, la personne présente des troubles de mémoire, mais reste capable de fonctionner et de travailler. Cette phase peut durer environ cinq ans. Puis vient le trouble neurocognitif majeur (démence) : les déficits cognitifs s’aggravent, notamment la mémoire et l’autonomie diminue. La personne peut se perdre facilement et nécessite une assistance quotidienne, et enfin vient le stade sévère. Ici, la perte d’autonomie est totale. Le malade ne reconnaît plus ses proches, ne sait plus s’habiller et peut rester nu sans en avoir conscience. Il existe plusieurs types de démences : vasculaire, frontotemporale, liée à Parkinson, alcoolique, etc. Mais la forme la plus fréquente reste la maladie d’Alzheimer. En RDC, a-t-il déploré, ces symptômes sont parfois interprétés à tort comme des signes de sorcellerie, notamment chez les personnes âgées. Il est essentiel de comprendre que la maladie d’Alzheimer est une pathologie médicale, et non une manifestation mystique. Si un proche présente des signes de la maladie, il est crucial de consulter rapidement un spécialiste, notamment un neurologue. À Kinshasa, l’équipe du professeur Jean Ikanga est spécialisée dans la prise en charge des démences et peut offrir un accompagnement adapté. Le thème retenu pour cette année pour la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer est « Demander des informations sur la démence ». ACP/

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