Kinshasa, 23 septembre 2026 (ACP).- La santé sexuelle a été définie comme un espace d’information, de prévention, de responsabilité et de soins par un sexologue à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, à l’occasion de la journée mondiale de la bisexualité célébrée chaque 23 septembre.
« La santé sexuelle ne devrait pas être un espace de jugement, elle doit être un espace d’information, de prévention, de responsabilité et de soins. Mon message est avant tout un message de santé publique et de responsabilité sexuelle », a déclaré Dr Désiré Bombile Iseitoki, sexologue clinicien CREON/SP-Santé Plus.
« Nous devons éviter de négliger les risques réels liés aux comportements sexuels non protégés. La prévention doit concerner tout le monde. Une sexualité responsable implique de connaître son état de santé, de se protéger, de respecter son partenaire, de se faire dépister lorsque cela est indiqué et de consulter rapidement en cas de symptômes », a-t-il poursuivi.
Il a fait savoir que cette journée vise à mieux faire connaître la bisexualité notamment à lutter contre les préjugés, la stigmatisation et à favoriser l’accès à une information correcte sur la santé sexuelle. La bisexualité désigne généralement la possibilité pour une personne d’éprouver une attirance affective ou sexuelle envers plus d’un genre.
Il est important de préciser qu’une orientation sexuelle ne permet pas, à elle seule, de savoir comment une personne se comporte sexuellement ni combien de partenaires elle possède. Il a souligné que « du point de vue médical, la bisexualité n’est pas une maladie et ne constitue pas en elle-même un trouble à traiter ».
Dr Bombile a précisé que l’orientation bisexuelle ne transmet pas une infection, ce sont plutôt certaines expositions et comportements sexuels qui peuvent augmenter le risque.
Comme toute personne sexuellement active, une personne bisexuelle peut être exposée au VIH, à la syphilis, à la gonorrhée, à la chlamydia, aux hépatites virales, à l’herpès ou au papillomavirus humain (HPV), notamment lors de rapports non protégés.
Le message de prévention doit être le même pour tous : préservatif selon les situations, dépistage régulier adapté aux expositions, vaccination contre l’hépatite B et le HPV lorsque indiquée, une consultation précoce en présence de symptômes et prise en charge des partenaires lorsque c’est nécessaire. Être bisexuel ne signifie pas nécessairement avoir plusieurs partenaires simultanément, être infidèle ou avoir des rapports sexuels à risque. Ce sont des stéréotypes qu’il faut distinguer de la réalité clinique. Ce qui détermine principalement le risque sexuel, ce sont les pratiques, le nombre et le statut des partenaires, l’utilisation ou non des moyens de prévention, le dépistage et l’accès aux soins-et non simplement l’étiquette donnée à l’orientation sexuelle, a- t-il ajouté.
Quant à « l’acceptation », il faut distinguer la situation juridique, l’acceptation sociale et les convictions culturelles ou religieuses. Les sources disponibles décrivent une situation sociale complexe en RDC pour les minorités sexuelles, avec notamment des problématiques de stigmatisation et de discrimination. « En tant que professionnel de santé, mon rôle est surtout de rappeler que, quelles que soient les convictions personnelles ou sociales, toute personne doit pouvoir recevoir des informations fiables, bénéficier de prévention et accéder aux soins sans humiliation ni discrimination ». ACP/ Ky, Di§Ka (sp)

