Kinshasa, 3 octobre 2026(ACP).- Le rôle de la kinésithérapie dans la prise en charge des syndromes gériatriques a fait l’objet d’un mémoire d’études approfondies (DEA) défendu vendredi à l’école doctorale de l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM), à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo(RDC), a constaté l’ACP.
« Nous avons démontré le rôle de la kinésithérapie dans la prise en charge des syndromes gériatriques tels que les chutes, la sarcopénie ou la diminution de la masse et de la force musculaire, ainsi que les troubles cognitifs, qui constituent un défi majeur de santé publique en raison de leur fréquence élevée, de leurs causes multiples et de leurs conséquences lourdes sur l’autonomie et la qualité de vie de personnes âgées », a déclaré Bompanu Jespère, assistant deuxième mandat.
« Leur prise en charge nécessite une approche globale et pluridisciplinaire, dans laquelle la kinésithérapie joue un rôle essentiel », a-t-il ajouté.
Selon lui, la kinésithérapie occupe une place centrale dans la prévention et la gestion de ces syndromes. Elle vise à maintenir ou restaurer les capacités motrices, réduire la douleur et améliorer l’équilibre et la mobilité.
« Les interventions multimodales, combinant renforcement musculaire, exercices d’équilibre et d’endurance, ont montré une réduction du risque de chute de près d’un quart . Le renforcement musculaire progressif peut quant à lui accroître la force de 25 à 30 %, a-t-il renchéri, laissant entendre que dans le contexte congolais marqué par des ressources médicales limitées, la kinésithérapie représente une approche accessible et non pharmacologique, contribuant à promouvoir le vieillissement actif et à améliorer la qualité de vie des seniors.
À l’en croire, ce mémoire s’inscrit dans cette perspective en décrivant le profil épidémiologique et clinique des syndromes gériatriques pris en charge en kinésithérapie dans deux hôpitaux de référence de Kinshasa, à savoir ; le Centre hospitalier de Kingasani et à l’hôpital Saint Joseph de Limete.
Sa méthodologie part d’une étude transversale descriptive, réalisée sur une période de cinq mois (de septembre 2025 à février 2026) auprès de 262 patients âgés de 65 ans et plus, suivis en kinésithérapie dans ces deux hôpitaux.
Le kinésithérapeute Bompanu a fait savoir que le vieillissement démographique en Afrique subsaharienne entraîne une augmentation des syndromes gériatriques.
En RDC, a-t-il précisé, les données épidémiologiques concernant ces syndromes ainsi que leur prise en charge par la kinésithérapie sont presque inexistantes, ce qui limite le développement de protocoles de réadaptation appropriés.
« À l’échelle internationale, la fragilité touche entre 10 et 20 % des personnes âgées vivant en communauté, et plus de la moitié des personnes de plus de 85 ans. La pré‑fragilité est encore plus répandue, affectant près d’un tiers des seniors.
La sarcopénie et l’incontinence urinaire sont également fréquentes et contribuent à la vulnérabilité fonctionnelle », a-t-il conclu.
Ce mémoire a été présenté et défendu en vue de l’obtention du diplôme d’études approfondies en sciences de santé, dans la filière des sciences de la motricité et de la réadaptation. ACP/Mam

