La formation sur les signes du syndrome d’alcoolisation fœtale recommandée aux professionnels sanitaires (un médecin)

Kinshasa, 9 septembre 2025 (ACP).- Une formation professionnelle pour reconnaître  les signes du syndrome d’alcoolisation fœtale (Saf) a été recommandée aux professionnels de santé, mardi, par un médecin, dans un entretien avec l’ACP, à l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation contre ce trouble, célébrée le 9 septembre de chaque année.

«Je recommande aux professionnels de santé d’être formés pour reconnaître les Saf et orienter les familles, un accompagnement multidisciplinaire à long terme, car il s’agit d’un trouble complexe», a soutenu le Dr Matuvova, médecin traitant au centre de santé et maternité de référence de kitega.

«Les effets les plus fréquents du syndrome d’alcoolisation fœtale chez les enfants sont multiples, on retrouve des troubles physiques comme une dysmorphie faciale, un retard de croissance, mais aussi des malformations cardiaques, rénales ou auditives, à cela s’ajoutent des troubles neuro-développementaux, la déficience intellectuelle, les troubles du comportement, d’apprentissage, ainsi que du développement moteur», a-t-il insisté. 

Le Dr Matuvova a, en outre, alerté sur les conséquences à long terme de ce troubles chez  les enfants.

«Ces enfants rencontrent des difficultés scolaires, des troubles psychiatriques à l’adolescence, et plus tard, des problèmes d’insertion sociale et professionnelle», a-t-il dit. 

Parlant sur les moyens de sensibilisation, il a plaidé pour une approche de terrain. «Il faut combiner une approche humaine, un langage simple et des actions locales, utiliser les leaders communautaires, mamans, religieux, éducateurs, intervenir dans les écoles, les églises, les marchés et surtout, utiliser les canaux accessibles comme les radios locales, WhatsApp et Facebook», a-t-il soutenu.

Le médecin a proposé des alternatives à la consommation, avant de déplorer que le Saf reste peu abordé dans les soins prénatals. 

«Si l’alcool est utilisé pour se détendre, on peut proposer des techniques de relaxation, des activités de groupe ou du soutien psychologique, et il ne faut pas oublier d’inclure les partenaires dans ces démarches, Il y a un manque de formation du personnel, mais aussi une peur de stigmatiser les femmes. Pourtant, ne pas en parler, c’est mettre des enfants en danger», a-t-il ajouté.

Cette journée de prévention alerte sur les dangers de la consommation d’alcool pendant la grossesse, le Saf est la première cause évitable de handicap mental d’origine non génétique chez l’enfant. 

Le Saf est un ensemble de malformations et de troubles causés par la consommation d’alcool par la mère pendant la grossesse, affectant le développement du fœtus, en particulier son cerveau. 

Il peut entraîner des anomalies physiques (telles que des traits du visage caractéristiques), un retard de croissance et des troubles cognitifs, comportementaux et d’apprentissage qui sont permanents et irréversibles, selon l’organisation mondiale de la santé (OMS). ACP/ODM

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