« La lutte contre la drépanocytose exige une approche équitable en RDC »

Kinshasa, 19 juin 2026(ACP).- La lutte contre la drépanocytose en République démocratique du Congo (RDC) exige une approche équitable, a soutenu un médecin généraliste, vendredi à Kinshasa, lors d’un entretien accordé à l’ACP en marge de la célébration de la Journée internationale consacrée à cette maladie. « L’équité nous envoie à faire un peu plus d’efforts pour ceux qui sont dans le besoin. Alors, il faudra aujourd’hui que, dans notre pays ou en Afrique, qu’on arrive à faire un peu plus pour les populations qui ne peuvent pas se permettre certaines choses. Cette lutte exige une approche équitable, par exemple, à l’intérieur du pays, il est peut-être difficile de faire un dépistage néonatal. Et lorsqu’on met en place les mécanismes de dépistage néonatal, l’enfant naît et on sent qu’il y a risque ou bien on sent qu’il y a des éléments à craindre, (…)  Déjà à l’intérieur du pays, ce dépistage nous permet de nous préparer à la prise en charge de l’enfant », a déclaré le Dr Hervé Mutinzumu, médecin généraliste à la Clinique Les Archanges. Selon ce chercheur en santé publique, pour combler le fossé sanitaire et protéger les populations les plus vulnérables de la drépanocytose, il convient de mener des actions concrètes autour de cinq piliers, notamment le dépistage néonatal, l’accès universel à l’hydroxy urée, la décentralisation des soins, l’intégration dans la Couverture Santé Universelle (CSU) et le soutien à la recherche scientifique. « Le dépistage néonatal doit être accessible partout et surtout dans les zones défavorisées. On doit donner l’accès à l’hydroxyurée qui est le médicament principal à tout le monde et voir peut-être comment le mettre à la disposition des provinces ou bien des zones qui sont difficile d’accès. Deuxièmement, installer le centre de prise en charge partout et dans les fins fonds. Inclure la prise en charge de la drépanocytose dans la CSU. Encourager la recherche et tout ce qui va avec toutes les études au niveau de la drépanocytose », a-t-il soutenu. À en croire le Dr Mutinzumu, la sensibilisation actuelle à la drépanocytose reste disproportionné face à l’ampleur du problème en République démocratique du Congo, figurant dans le top 3 mondial des nations les plus touchées avec le Nigeria et l’Ouganda. D’où, il a suggéré que le gouvernement arrive à mettre assez de moyens pour sensibiliser ce qui fera baisser les cas, car la sensibilisation est actuellement insignifiante.

S’agissant du don de sang, le Dr Hervé a préconisé de lever la peur au sein de la population face à cet acte, notamment en répondant aux inquiétudes sur les effets physiques du prélèvement. Il a suggéré de rassurer et d’encourager les citoyens qui font déjà don de leur sang.  La drépanocytose (aussi appelée anémie falciforme) est une maladie génétique et héréditaire de l’hémoglobine, qui est la protéine contenue dans les globules rouges servant à transporter l’oxygène dans tout le corps. Axée sur le thème « Combler le fossé de survie : l’équité dans la drépanocytose », cette journée met l’accent sur les inégalités flagrantes d’accès aux traitements à travers le monde. ACP/L K

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