Kindu, 22 avril 2026 (ACP).- Des ménages autrefois résistants se sont montrés favorables à la campagne de vaccination contre la poliomyélite, dans la zone de santé d’Alunguli à Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, dans le Centre-Est de la République démocratique du Congo (RDC), a appris l’ACP mercredi de source sanitaire. « La campagne de vaccination contre la poliomyélite allant du 16 au 18 avril en cours s’est bien déroulée. On a été appuyé par Kinshasa et la province, on a mis à la disposition de la zone de santé d’Alunguli tous les intrants et les vaccins ont été distribués grâce aux équipes de terrain. Il y a eu certaines résistances qu’on a brisés bien que d’autres sont catégoriques mais pas nombreuses », a dit le Dr Pierre Kaliongo, médecin chef de zone de santé d’Alunguli.
« La zone de santé d’Alunguli attendait vacciner 21.788 enfants de zéro à 59 mois répartis dans les huit aires de santé. Nous insistons sur l’importance de la vaccination lors des séances de sensibilisation auprès des parents, parce que la polio est irréversible et fait la paralysie. C’est une maladie très dangereuse et un enfant victime de la polio peut contaminer 300 enfants », a-t-il ajouté. Pour le Dr Kaliongo, bien que le taux de réussite de la campagne avoisine 98% dans son entité sanitaire, il est nécessaire que le niveau national s’implique avec des décisions fermes face aux ménages qui continuent de résister à la vaccination au regard de la dangerosité de cette maladie qui handicape la vie des enfants.
Il a également plaidé pour une harmonisation entre les partenaires et sa zone de santé pour la motivation financière des relais communautaires et un soutien logistique pour la congélation des acquis. Pour Suzana Dembo, une mère jadis résistante à la vaccination venant de la province du Sankuru, son refus est dû aux manifestations post administrations de vaccins (Mapi) constatées chez les enfants. « Auparavant, nous constations souvent qu’après l’administration des vaccins, les enfants développaient des Mapi dont la fièvre.
Cette situation nous plonge dans l’incertitude sur la qualité des vaccins. Après des séances de sensibilisation sur le bien-fondé des vaccins, nous avons accepté de faire vacciner nos enfants », a-t-elle reconnu. Dans cette optique, le médecin chef de zone de santé d’Alunguli a fait savoir que la fièvre est un fait normal pour l’organisme.
La masse ou les équipes de vaccinateurs ont également joué un rôle important pour convaincre Mme Dembo, la vingtaine révolue, dont le mari serait un guérisseur. Au cours de cette campagne, les enfants âgés de zéro à 59 mois ont reçu quatre gouttes de vaccin antipoliomyélitique oral bivalent (VPOb) et nouveau vaccin antipoliomyélitique oral de type 2 (nVPO2). Plus l’enfant reçoit plusieurs doses de vaccin oral bivalent contre la poliomyélite (VPO) mieux il est protégé, a rassuré le Programme élargi de vaccination (Pev).
Cette campagne nationale de vaccination gratuite contre la polio a été organisée par le ministère de la Santé à travers le Pev, en collaboration avec plusieurs partenaires, notamment le Fond des Nations unies pour l’enfance (Unicef), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), etc. Selon le ministère de la Santé publique, depuis 2025, la RDC a enregistré 18 cas de poliomyélite dans la province du Maniema à la suite d’une découverte récente des cas de polio dans les zone de santé de Kunda, Samba, Kampene, Salamabila et Kabambare.
Grâce aux efforts du gouvernement et ses partenaires, les campagnes de vaccination s’inscrivent dans la logique d’éradiquer cette maladie qui tue.
ACP/

