Muanda, 10 octobre 2026 (ACP).- L’anéantissement de la pêche artisanale, notamment en raison de la rareté des poissons et de l’abandon progressif de cette activité par les pêcheurs, est à craindre dans le bassin côtier de Muanda, à l’ouest de la République démocratique du Congo, a alerté samedi l’Initiative pour le développement local (IDEL), une ONG environnementaliste basée dans cette contrée.
« L’exploitation pétrolière dans le bassin côtier congolais a contribué à fragiliser les activités des pêcheurs artisanaux, qui abandonnent progressivement leur métier au profit du petit commerce, faute de rendement. Dans plusieurs villages riverains de la côte Atlantique et du fleuve, notamment à Tshiende, Nsiamfumu, Kindofula, Kitona et Kifuku, la pêche occupait autrefois une place prépondérante dans l’économie locale. Actuellement, la situation a nettement changé. Avec la multiplication des plateformes pétrolières sur l’eau, les pêcheurs sont poussés à aller plus loin, », a indiqué Serge Ngimbi, coordonnateur de l’IDEL, lors d’un entretien avec l’ACP.
Il a poursuivi qu’à travers cette alerte, l’IDEL entend attirer l’attention de l’État sur la nécessité de renforcer la réglementation, d’assurer une meilleure protection des pêcheurs et de veiller à ce que l’exploitation des ressources pétrolières ne compromette pas les ressources halieutiques dont dépendent de nombreuses populations, qui ne peuvent pas toutes trouver un emploi dans les entreprises pétrolières.
« À Muanda, la pêche artisanale ne sert pas seulement à procurer aux nombreuses familles leurs moyens de subsistance, elle contribue également à la sécurité alimentaire », a noté la structure.
L’IDEL a plaidé pour la non-prolifération des puits pétroliers dans le bassin côtier, afin de préserver les activités des populations locales face à l’expansion des activités industrielles pétrolières.
ACP/MAT./KIT

