Pour traitement dégradant d’une patiente : un médecin écope d’une suspension à Kinshasa

Kinshasa, 26 mars 2026 (ACP).- Un médecin exerçant dans un hôpital de la commune de N’sele, à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), accusé d’avoir violenté une patiente dans une vidéo devenue virale sur internet, a été suspendu conformément à la loi régissant l’Ordre des Médecins, en attendant le prononcé de sa sanction, selon une mesure prise jeudi lors d’une réunion.

« Le confrère vient d’écoper d’une suspension par mesure d’ordre, comme le stipule la loi qui crée l’Ordre des Médecins dans son article 14, dans le chapitre de discipline. Il écope d’une suspension par mesure d’ordre jusqu’au prononcé de sa sanction et le temps requis, c’est minimum trente jours, pour pouvoir permettre au conseil d’examiner le dossier et permettre aussi à l’intéressé, s’il y a moyen de défense, de le présenter au conseil de discipline », a déclaré le Dr Elvis Bula, président du Conseil urbain de l’ordre des médecins (CUOM).

« Nous, comme juridiction ou comme Ordre des Médecins, le médecin devant le conseil est aussi justifiable. Alors, les barèmes de sanctions à l’Ordre des médecins vont de l’avertissement à la radiation. Pour le cas d’espèce, cette situation va aller à une sanction grave et avant d’en arriver là, comme il s’agit d’une flagrance et comme il y a des preuves, le conseil se réunit pour d’abord prendre une sanction conservatoire>, a-t-il ajouté.

Le président du CNOM a fait savoir qu’a l’issue des travaux au niveau du conseil de discipline, le dossier sera transféré au bureau pour convoquer un conseil disciplinaire qui va statuer sur le cas. On peut avoir des preuves tangibles pour aider le conseil à mener l’affaire à bon port , a-t-il précisé.

Le Dr Bula a, par ailleurs, présenté des excuses au nom de la corporation. « Nous avons assisté à une scène de désolation qui concerne directement notre corporation, et avant tout, j’aimerais, au nom de la corporation médicale de la ville de Kinshasa, présenter mes sincères excuses à toute la population congolaise en général et kinoise en particulier, mais beaucoup plus aux femmes, surtout que nous sommes au mois des droits de la femme, et qu’un événement puisse se passer durant ce mois, ça fait encore plus mal >, a-t-il dit.

« En notre qualité de Conseil de l’Ordre des médecins, c’est à ce titre que nous nous sommes réunis, dans le cadre d’un conseil extraordinaire aujourd’hui, pour pouvoir fixer l’opinion que l’Ordre n’est pas resté en dehors de tout ce qui se fait. Il y a des sanctions administratives qui sont prises au niveau du DPS et au niveau du ministère provincial de la santé. Là, nous venons de participer à une réunion avec le ministre provincial de la santé, et certainement au niveau pénal, les sanctions suivront », a-t-il précisé.

Il a fait savoir que son organisation avait été saisie, notamment par le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), des organisations des droits de l’homme, voire ses pairs.

Il a, en outre, rassuré que la procédure suit son cours, et que des précisions seront apportées lors de l’interrogatoire, y compris des sanctions qui seront appliquées à tous ceux qui ont participé à l’enregistrement de la vidéo, et les non-médecins devront répondre devant leur corporation respective.

Des images choquantes publiées dans les réseaux sociaux montrent un médecin, nommé Dr David Balanangayi en train de faire subir un traitement violent et dégradant à une femme dans une salle des soins de gynécologie d’une formation sanitaire qui serait l’Hôpital Général de Référence de Kinkole à Kinshasa, selon un communiqué du CNOM. ACP/C.L.

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