Présentation du bilan de l’atelier national sur la problématique des additifs alimentaires

Kinshasa, 16 juin (ACP).- Le bilan de la première édition de l’atelier national sur la problématique des additifs alimentaires a été présenté, mardi, à Kinshasa, en République démocratique du Congo, lors de l’ouverture de la deuxième édition de ces assises axée  sur la sensibilisation des parties prenantes.

 « La tenue de cette deuxième édition de l’Atelier national sur la problématique des additifs alimentaires en République démocratique du Congo nous offre l’occasion de dresser le bilan de la première édition, dont les travaux peuvent être résumés en trois avancées fondamentales », a déclaré Emmany Luwenga, directeur général des Évaluations monétaires des externalités environnementales (Ecosys) ».

Selon lui, la première avancée a consisté la cartographie des lacunes et des risques, où des vulnérabilités du marché face à l’afflux de molécules et d’additifs de synthèse, ont été mise en lumière notamment, certains colorants azoïques, conservateurs et autres substances insuffisamment maîtrisées. Cette situation expose les consommateurs congolais à des risques sanitaires importants. 

La deuxième avancée a concerné le consensus scientifique sur l’urgence sanitaire. « La première édition a permis de valider l’existence d’une corrélation entre l’exposition chronique à certains additifs alimentaires et l’augmentation des maladies non transmissibles en RDC, notamment le diabète, l’insuffisance rénale et certains cancers digestifs », a-t-il expliqué. 

Le directeur général d’Ecosys a présenté la troisième avancée comme étant la nécessité d’un cadre normatif renforcé. Les participants ont souligné l’impérieuse nécessité pour l’État congolais de se doter d’un véritable dispositif réglementaire et de contrôle afin de protéger efficacement la santé publique.

« Aujourd’hui, à travers cette deuxième édition, nous avons choisi d’élargir le champ de réflexion. Alors que la première édition était principalement axée sur les boissons, cette nouvelle rencontre englobe l’ensemble des produits fabriqués et consommés en RDC. », a souligné M. Lwenga avant d’ajouter que, nombre de ces produits nécessitent l’utilisation d’additifs alimentaires et, compte tenu du contexte industriel actuel, leur présence sur le marché national ne cesse de croître et qu’il est temps pour que l’ensemble des acteurs concernés puissent faire entendre leur voix et interpeller les autorités compétentes sur les mesures à prendre pour garantir la sécurité alimentaire des populations.

L’alimentation, un enjeu stratégique de santé publique

Selon le Mr Pierre Lohohola Somba directeur général de l’Office Congolais de contrôle, l’alimentation n’est pas seulement une question de consommation, elle constitue un enjeu stratégique de santé publique, de compétitivité industrielle et de sécurité nationale.

« Le thème retenu aujourd’hui traduit les préoccupations légitimes de notre population. En effet, la RDC connaît une forte croissance démographique ainsi qu’une transformation progressive de son système alimentaire. Cette évolution s’accompagne d’un recours de plus en plus important aux additifs alimentaires dans les produits transformés destinés à la consommation. Le véritable défi n’est donc pas l’existence des additifs alimentaires, car ceux-ci ont leur utilité, la question essentielle est celle de leur gestion responsable, dans le respect des normes et standards nationaux et internationaux », a-t-il dit.

 Le directeur général a affirmé que la RDC dispose aujourd’hui d’une opportunité historique pour bâtir un système moderne de sécurité sanitaire des aliments, fondé sur la science, la prévention des risques et la bonne gouvernance.

« Nous devons passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation. Nous devons passer d’un contrôle fragmenté à une coordination renforcée. Nous devons également passer d’une dépendance normative à une véritable souveraineté réglementaire. Cette initiative s’inscrit pleinement dans les missions de l’OCC, institution de référence en matière de contrôle, de certification et de normalisation qui entend assumer pleinement sa responsabilité dans la construction d’un environnement alimentaire plus sûr et plus compétitif », a-t-il conclu.

La deuxième édition de l’atelier national sur la problématique des additifs alimentaires a réuni les experts du secteur agroalimentaire, des représentants des institutions publiques, des chercheurs, des industriels et des organisations de protection des consommateurs en République démocratique du Congo.ACP/

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