Kinshasa, 17 mai 2026 (ACP).- L’accompagnement spirituel des personnes malades d’accident vasculaire cérébral (AVC) a été expliqué samedi à l’Université protestante au Congo (UPC) à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’une conférence scientifique.
« L’accompagnement spirituel des personnes qui ont fait l’AVC est une mission à la fois belle et responsable. Elle exige de nous une ouverture du coeur, de la patience, de la sensibilité et une volonté d’apprendre », a déclaré le Pr Muenyi Kamuinga de l »UPC.
« En nous souvenant des fondements theologies, en construisant des relations authentiques, en offrant un soutien complet à savoir : spirituel, matériel et pratique, nous rendons un service efficace à ces personnes », a-t-il ajouté, précisant que ceci necessite une approche multidimensionnelle, englobant les aspects spirituels, sociaux, émotionnels et materiels.
Le Pr. Muenyi a fait savoir que le fondement théologique du ministère d’accompagnement des personnes ayant subi l’AVC se trouve dans l’enseignement de Jésus-Christ, qui a manifesté un soin particulier aux personnes souffrants.
« Ses paroles : « J’etais malade et vous m’avez visité (Mt 25,36) souligne l’importance de l’aide concrète au prochain comme expression de l’amour de Dieu. La maladie, malgré son caractère difficile, peut devenir un temps d’approfondissement de la foi, de la réconciliation avec Dieu et les hommes doivent saisir l’occasion de témoigner de l’espérance qui découle de la foi en la résurrection », a-t-il dit.
« La situation de celui qui se trouve momentanément affecté de corps et d’esprit par cette maladie doit faire l’objet d’une attention redoublée. En effet, il faut non seulement chercher à le guérir de l’affection dont il est frappé en déterminant au préalable la nature du mal en cause, mais encore au cours de soins qui peuvent être très long entourés de beaucoup d’attention », a-t-il renchéri.
Des attitudes d’accompagnement à adopter
Le Pr. Muenyi a relevé qu’accompagner les personnes malade indique une certaine attitude à l’égard de l’autre.
« Il n’est pas question de lui imposer un itinéraire, ni même connaitre la direction qu’il va prendre mais marcher à ses cotes. Toutefois, derrière le terme «accompagnement », on peut relever trois dimensions à savoir : une dimension personnelle traduisant le souci, le soutien, l’attention à la personne, une dimension temporelle, faisant appel à la durée, au contrat, à la régularité », a-t-il expliqué.
« La grande majorité des chercheurs insistent sur la nécessité de temps d’échange et de discuter (ecouter, partager). Accompagner c’est essayer d’avoir une certaine proximité, c’est avoir les contacts: et enfin une dimension opérationnelle d’aide ou discernement, un appui dans le choix », a-t-il ajouté.
Selon le Pr. Muenyi, accompagner une personne, c’est aussi une charge ecclésiale. Il a indiqué que ces trois dimensions ne sont pas independantes les unes des autres, elles paraissent s’enchainer de maniere logique, avant d’insister que concrètement les trois dimensions relevées peuvent etre exprimées par la necessité d’établir une relation personnelle, d’envisager dans la durée avec des contacts frequents et réguliers et de mettre en place des moyens pour aboutir à une aide pratique, opérationnelle tres concretement.
« L’accompagnement est donc une notion qui revele une realité bien complexe. On peut etre tenté de remplacer ce mot par d’autres termes, notamment soutien, attention et aide au discernement.
Cette conférence a été organisée sous le thème : « AVC en RDC : comprendre, prévenir et agir ensemble », dans le but d’amener la population à réfléchir sur cette maladie qui affecte plusieurs familles en RDC. ACP/

