RDC : tenue prochaine d’un atelier national sur la levée du moratoire des concessions forestières

Kinshasa, 04 juin 2026 (ACP). Le directeur des Inventaires et de l’aménagement forestier (DIAF) a annoncé la tenue prochaine à Kinshasa d’un atelier national consacré à la levée du moratoire sur l’octroi de nouvelles concessions forestières en République démocratique du Congo(RDC) lors d’un entretien jeudi avec l’ACP.

« Nous venons de terminer la programmation géographique lors d’un atelier de présentation à toutes les parties prenantes, organisé en novembre dernier. Nous avons effectué des tests dans deux provinces afin de recueillir leurs avis. À présent, nous allons organiser l’atelier national de présentation et de validation du projet de décret portant levée du moratoire et de programmation », a déclaré Maurice Matanda, directeur de la DIAF, service spécialisé du ministère de l’Environnement et du Développement durable.

M Matanda a souligné sa volonté de faire de cet événement une rencontre inclusive à l’échelle nationale : « Il nous fallait du temps de préparation pour valider ce projet de décret. À l’issue de cet atelier, les textes seront validés, puis transmis au Conseil consultatif national des forêts pour approbation, avant d’être soumis au gouvernement. »

Il a reconnu, à cet effet, que plusieurs parties prenantes s’opposent à cette mesure, redoutant que la levée du moratoire n’entraîne une vente massive des forêts congolaises.

Pour le directeur de la DIAF, cette démarche est pourtant essentielle : « Il est important de lever ce moratoire pour ouvrir le marché à de nouveaux capitaux. Le pays a besoin de fonds et le secteur forestier doit y contribuer. »

Il a cependant précisé qu’après cette levée, des inventaires seront menés dans les concessions restantes afin d’en évaluer le potentiel et de fixer des prix planchers.

 Trois conditions préalables

Le directeur de la DIAF a, en outre, rappelé que la levée du moratoire sur l’octroi de nouvelles concessions forestières en RDC était conditionnée par trois exigences historiques.

« À l’origine, l’arrêté ministériel de 2002 instaurant le moratoire fixant deux conditions : la conversion des anciens titres en contrats de concession forestière, et la mise en place d’un mécanisme transparent d’octroi des concessions. En 2005, un décret-loi a ajouté une troisième condition : la programmation géographique qui doit être élaborée de manière participative », a-t-il expliqué.

Il a affirmé que cette programmation géographique a fait couler beaucoup d’encres, suscitant des débats techniques et des confusions entre aménagement du territoire, micro-zonage et méso-zonage.

Ce processus, a-t-il dit, devait durer trois ans, mais on y travaille depuis plus de vingt ans, ce qui constitue un manque à gagner pour le pays. Pourtant, les deux premières conditions sont déjà remplies,  à savoir : la conversion des anciens titres qui s’est achevée en 2013, et le mécanisme de transparence qui est opérationnel depuis 2008 grâce à un décret du Premier ministre instituant l’adjudication pour l’octroi des concessions. ACP/

Fil d'actualités

Sur le même sujet