Kinshasa, 17 juin 2026 (ACP). – La mobilisation durable des financements climatiques en République démocratique du Congo dépend de la capacité du pays à transformer son potentiel écologique en résultats mesurables, selon un expert en gestion des ressources naturelles dans un entretien mercredi avec l’ACP.
« La mobilisation durable des financements climatiques en RDC dépend de la capacité à transformer le potentiel écologique du pays en résultats climatiques mesurables, tout en conciliant conservation, développement local et justice sociale », a déclaré le professeur Prince Baraka.
« Cette exigence de résultats cible directement la protection du deuxième massif forestier tropical du monde et des immenses réservoirs de carbone situés dans les tourbières de la Cuvette centrale », a-t-il ajouté.
Selon l’universitaire, pour capter ces fonds via les marchés carbone, le programme REDD+ ou les subventions de l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale (CAFI), le pays doit impérativement fiabiliser ses outils de mesure et de vérification.
Le professeur Baraka a fait savoir que le blocage majeur provient de la déforestation continue. Celle-ci est provoquée par la dépendance locale au bois-énergie, l’agriculture de subsistance et l’exploitation minière artisanale.
« Ces activités destructrices représentent pourtant les secteurs prioritaires où les investissements internationaux doivent être orientés pour créer des alternatives économiques viables », a-t-il souligné.
Cet expert a indiqué que la solution pour débloquer ces capitaux verts repose sur une réforme immédiate de la gouvernance forestière, en améliorant la transparence et la traçabilité des opérations.
« Les futurs financements devront prioritairement sécuriser les droits fonciers des communautés locales, soutenir l’agriculture durable et stopper définitivement l’exploitation illégale des forêts », a-t-il noté.
L’urgence de ces réformes s’inscrit dans un contexte mondial alarmant, marqué par l’accélération du réchauffement de la planète et la multiplication des crises météorologiques extrêmes.
Face à ces menaces globales, la préservation des écosystèmes du bassin du Congo ne relève plus seulement d’un choix national, mais d’un impératif vital pour maintenir l’équilibre climatique mondial. ACP/FN/HM

