Kinshasa, 16 juin 2026 (ACP). – Les conséquences environnementales du déversement des déchets ménagers dans les rivières ont été décryptées, mercredi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), par une experte en environnement, dans un entretien avec l’ACP.
« Le déversement de déchets ménagers dans les rivières entraîne des conséquences écologiques désastreuses : l’asphyxie de la faune aquatique par manque d’oxygène, l’intoxication des écosystèmes via les produits chimiques et plastiques, et la propagation rapide de maladies (choléra, typhoïde) pour les populations locales utilisant cette eau », a déclaré Mme Berka Mengi, experte à la Direction générale de l’environnement et du cadre de vie au sein du Secrétariat général à l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du climat.
Selon elle, ces détritus détruisent les cours d’eau qui, par la suite, se jettent dans le fleuve. « Or, les déchets ménagers sont multiples, notamment des déchets plastiques, organiques ou inertes. Quand nous les déversons dans un fleuve, une rivière ou une source d’eau, nous détruisons l’écosystème aquatique qui abrite la faune et la flore », a-t-elle déploré.
Mme Mengi a indiqué que cette pratique occasionne l’ingestion de substances toxiques par les espèces aquatiques. Ce phénomène altère la qualité de l’eau et entraîne, à terme, la disparition des poissons.
« À l’époque, on trouvait encore des poissons dans ces rivières. Aujourd’hui, il n’y en a presque plus parce que l’écosystème est pollué. Cela va aussi provoquer la disparition de la flore aquatique. Certaines plantes ne pourront plus se développer. Les déchets plastiques et inertes créent une asphyxie qui empêche la faune de respirer normalement », a-t-elle expliqué.
Elle a également énuméré d’autres conséquences, notamment la dégradation de la qualité de l’eau. Les plastiques libèrent des substances toxiques, rendant l’eau impropre à la consommation et à la baignade.
« Les composants chimiques, comme les piles, les résidus industriels ou l’huile de moteur, contaminent la nappe phréatique. L’eau devient alors totalement insalubre », a-t-elle prévenu.
Pour y faire face, l’experte a recommandé à la population de collaborer avec les agents des directions provinciales de l’environnement de chaque commune, afin de dénoncer les auteurs de ces pratiques. ACP/ ST/SP/HM

