Kinshasa, 2 juillet 2026 (ACP).– La réforme du marché carbone en République démocratique du Congo (RDC) constitue une opportunité majeure pour la souveraineté climatique et la sécurité juridique du pays, a affirmé mercredi auprès de l’ACP un expert, en marge d’une conférence de la société civile environnementale tenue la veille.
« La réforme du marché carbone doit être appréciée au regard de ses bénéfices stratégiques pour la souveraineté climatique, la sécurité juridique et le développement durable », a déclaré Augustin Nge Okwe, expert en gouvernance environnementale.
Selon ce spécialiste, le projet de loi en cours va renforcer et moderniser les dispositifs existants dans ce secteur.
« La souveraineté carbone exige une loi forte. Ce projet de loi permet notamment d’affirmer la souveraineté nationale sur les droits carbone, de sécuriser juridiquement les crédits carbone, de protéger les intérêts stratégiques de l’État et de limiter les risques de double comptage », a indiqué M. Nge.
À travers son intervention scientifique sur la note de position de la société civile relative à ce projet de loi, l’expert a souligné la nécessité d’intensifier les consultations entre les différentes parties prenantes durant l’examen parlementaire.
« La bonne démarche consiste à maintenir le processus législatif, à organiser des consultations publiques complémentaires, à intégrer les amendements pertinents, à renforcer la protection des communautés locales et à clarifier les droits carbone pour préserver la cohérence institutionnelle », a précisé ce professeur.
Face à la position méfiante de la société civile environnementale, qu’il estime restrictive face à l’évolution de la gouvernance climatique et aux opportunités économiques, Augustin Nge préconise d’enrichir le projet par des amendements ciblés avant son adoption définitive.
« La stratégie la plus pertinente consiste à adopter le projet de loi après l’avoir enrichi, plutôt qu’à suspendre le processus législatif. Une telle démarche dotera la RDC d’un cadre juridique moderne, conforme à l’Accord de Paris, protecteur des droits des communautés, attractif pour les investissements et capable de renforcer la souveraineté nationale sur nos ressources carbone », a-t-il conclu.
Dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de Paris, ce projet de loi, portant cadre légal du marché carbone et encadrement de la participation de la RDC aux approches coopératives de l’article 6, a été transmis au Secrétariat général du gouvernement en vue de son intégration dans la loi d’habilitation. ACP/CI

