RDC: la société civile sollicite pour la clarification des statuts du couloir vert Kivu-Kinshasa

Kinshasa, 11 octobre 2025 (ACP).- La clarification des statuts du couloir vert Kivu-Kinshasa (CVKK) a été sollicitée par la société civile réunie au sein du réseau Environnement et droits humains (EDH), selon la déclaration finale de l’atelier de trois jours tenu à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, consultée vendredi par l’ACP. 

«Ce qui m’a beaucoup frappé, c’est cette recommandation allant dans le sens de revoir et de clarifier les textes du couloir, parce qu’aujourd’hui, si on regarde très bien, il peut y avoir une mauvaise interprétation par rapport aux statuts du couloir s’il est du domaine public de l’Etat ou du domaine privé. Comme aire protégée, beaucoup de gens peuvent penser qu’il est du domaine public de l’Etat, mais au regard de tout ce qu’on accepte dedans comme activités et autres, on comprend qu’il est du domaine privé de l’Etat. Alors, on voulait que dans les textes qui pourraient être révisés, qu’on mentionne cela clairement qu’il est du domaine privé de l’Etat afin que demain ou après demain qu’il n’y ait pas de soucis par rapport aux différents droits qui doivent s’y exercer», a déclaré Blaise Mudodosi, cordonnateur de l’ONG Action pour la promotion des espèces menacées (APEM), qui pilote le réseau.

Durant les trois jours des travaux, les organisations de la société civile ont relevé cinq défis majeurs pour faciliter la mise en place du couloir vert, notamment la question des améliorations et ajustements nécessaires pour rendre le cadre juridique du CVKK plus cohérent et clair, le rôle des acteurs dans la mise en œuvre du CVKK, l’identification des éléments clé pour la feuille de route/plan d’action de la Société à mettre en place, les critères d’éligibilité et conditions pour les activités dans le CVKK ainsi que les mécanismes et approches pour assurer l’inclusivité et la recevabilité dans la gouvernance du CVKK, a-t-lu.

«Nous restons toujours sur notre rôle de suivre de très près ce processus afin qu’il ne dérange pas les intérêts et les droits des communautés locales», a ajouté le coordonnateur de l’Apem.

D’après lui, la loi qui a été décortiquée lors de l’atelier, montre que tous les droits acquis restent comme tels et que rien ne va être perturbé. 

«C’est plutôt (…) les différents projets et investissements qui viendront dans la zone qui devraient évidemment se conformer à un certain nombre de règles», a-t-il poursuivi.

M. Mudodosi a fait savoir en outre, que les résultats de ces trois jours sur le couloir vert leur ont permis d’avoir les informations possibles pour comprendre les implications du couloir par rapport à tout ce qui existe dans la zone et surtout par rapport aux communautés locales avec les initiatives des peuples autochtones qui sont dans tous ces espaces.

«Tout ce qui concerne les communautés avec tout ce qu’il y a comme organisation autour de leur gouvernance est à encourager parce que c’est dans cette dynamique là que les aides, ou les appuis pour les communautés pourraient passer», a-t-il dit.

L’atelier national sur le couloir vert Kivu-Kinshasa (CVKK) tenu du 7 au 9 octobre à Kinshasa, a été organisé par le Réseau pour l’Environnement et les Droits Humains (R-EDH) en collaboration avec la Fondation Virunga et l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN).

Le CVKK s’étend sur 544.270 km2 du territoire national, traversant la RDC de l’Est à l’Ouest, partant de Beni (Nord-kivu) en passant par Kisangani (Tshopo), le bassin du fleuve Congo jusqu’à Kinshasa. Cet espace long de 2.400 km, abrite environ 100.000 km2 de forêts primaires et 60.000 km2 de tourbières, jouant un rôle très important pour la régulation du climat mondial, et où vivent environ 31,5 millions de personnes, indique -t-on. 

ACP/ODM

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