RDC : la valorisation des données pour des solutions de l’intelligence artificielle, objet d’une matinée

Kinshasa, 11 septembre 2025 (ACP).- La valorisation des données pour des solutions de l’intelligence artificielle (IA) aux réalités locales a été l’objet d’une matinée scientifique organisée jeudi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), par le Corps de l’élite scientifique de l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (CES-UDPS).

« Cette rencontre a eu pour objectifs de partager les connaissances de base sur les principes de fonctionnement de l’IA (un sujet d’actualité), sensibiliser à l’importance des données dans les solutions de l’IA, en mettant particulièrement l’accent sur la valeur des données congolaises. Il a été aussi question de montrer comment la RDC peut tirer des bénéfices concrets en investissant dans les technologies et solutions de l’IA », a déclaré le Pr Elisée Ilunga, secrétaire général académique à l’Institut Supérieur des Techniques Appliquées (ISTA).

Selon le Pr Ilunga qui est également deuxième vice-coordonnateur scientifique adjoint du CES-UDPS, l’IA est l’ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence humaine.

« Une bonne partie de l’IA moderne se focalise sur des systèmes capables d’apprendre automatiquement des choses (règles de grammaire, bases médicales, relations entre concepts, reconnaissance de motifs, génération de contenu, etc.) à partir d’un processus d’entraînement basé sur un jeu de données. Cette étape d’entraînement joue un rôle crucial dans la performance du système intelligent final et dépend de la quantité ainsi que de la qualité des données utilisées », a-t-il soutenu.

« Cela montre que les données constituent le carburant nécessaire au fonctionnement de l’IA. Bien qu’il soit important de disposer d’un système intelligent généralisant, la question demeure de savoir si les solutions d’IA développées et entraînées sur des données autres que congolaises (européennes, américaines, asiatiques, etc.) pourraient répondre efficacement aux problèmes locaux? », a insisté le secrétaire général académique à l’ISTA.

Pour ce spécialiste, l’utilisation d’un jeu de données ne reflétant pas le contexte local conduira à la mise en place d’un système caractérisé par un fort taux d’erreurs sur des questions locales.

« D’où, la nécessité d’organiser notre manière de traiter et de conserver les données produites chaque jour dans tous les secteurs (administration, éducation, économie, médecine, etc.). Une fois les données rendues utiles, elles prennent encore plus de valeur lorsqu’elles sont partagées entre acteurs publics, privés, universitaires et autres, afin de mettre en place des solutions adaptées à nos contextes », a-t-il dit.

Il a, par ailleurs, évoqué la pertinence d’un diagnostic de la malaria établi par un médecin européen, l’apport d’un juriste expert en droit allemand dans un problème de droit congolais, ou encore le contenu d’un cours d’éducation sexuelle conçu à Paris et dispensé dans une école de Feshi, dans le Kwango.

« La RDC ne peut rester en retrait de cette ère de l’IA où les nations du monde mobilisent toutes leurs ressources pour améliorer leur qualité de vie, leur économie, leur sécurité et leur industrie, en s’appuyant sur les capacités de l’IA. Cependant, l’intégration et l’utilisation des outils d’IA dans notre pays devront prendre en compte plusieurs éléments locaux, tels que le contexte culturel, économique, médical, géographique et climatique, afin de garantir la fiabilité des résultats », a dit le Pr Mbuyamba.

Les défis majeurs à relever pour l’effectivité des solutions d’IA en RDC sont, entre autres, la disponibilité de l’énergie électrique nécessaire au fonctionnement de l’infrastructure numérique, la connexion internet à haut débit et la formation des ressources humaines dans ce domaine. ACP/JF

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